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Réforme de la fonction publique: Berger critique le "gros problème de méthode"

Laurent Berger a expliqué que la CFDT n'était "pas opposée à des évolutions" mais qu'il était "urgent de dire clairement de quoi on parle".

Laurent Berger a expliqué que la CFDT n'était "pas opposée à des évolutions" mais qu'il était "urgent de dire clairement de quoi on parle". - Patrick Kovarick- AFP

Le secrétaire général de la CFDT juge étonnant que le gouvernement annonce une concertation sur toute l'année 2018 et "donne dès à présent une partie des conclusions". Il réclame que le gouvernement organise "très vite" une rencontre avec les syndicats.

"Ils y vont fort", a réagit Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, à propos des pistes de réformes de la fonction publique annoncées jeudi, dont un plan de départs volontaires et le recours à davantage de contractuels, dans une interview publiée samedi dans Le Monde.

"Il y a un gros problème de méthode: c'est très étonnant d'annoncer une concertation sur toute l'année 2018 et de donner dès à présent une partie des conclusions", a réagi Laurent Berger, réclamant que le gouvernement organise "très vite" une rencontre avec les syndicats.

Sur le fond, la CFDT critique le souhait du gouvernement de proposer une "rémunération plus individualisée". Actuellement, la rémunération des fonctionnaires repose sur un socle commun et des primes et promotions.

La CFDT craint des disparités

"Il faut dire quelle est la part de la rémunération collective et quelle est la part de l'individuel", a interrogé Laurent Berger, craignant que cette mesure n'entraîne "des disparités liées aux marges budgétaires des employeurs plus qu'en fonction de l'investissement au travail".

Sur le recours à davantage de contractuels, le leader syndical s'interroge aussi: "ça veut dire quoi ? Pour qui ? Comment ? Tout cela mérite des éclaircissements, car il y a des craintes de profonds bouleversements pour les agents".

A propos de la piste du plan de départs volontaires, Laurent Berger a jugé le "terme inapproprié", soulignant que tout départ devait se faire sur la "seule base du volontariat et de manière sécurisée". Il a expliqué que la CFDT n'était "pas opposée à des évolutions" mais qu'il était "urgent de dire clairement de quoi on parle", relevant que toutes les dernières politiques ont été conduites "sous l'angle budgétaire".

"Les agents de l'État souffrent parfois de conditions de travail très dures, mais surtout de non-reconnaissance, qui est terrible", a insisté le numéro un de la CFDT. "Etre considéré comme un coût en permanence donne un sentiment de mal-être", a-t-il ajouté.

La rédaction avec AFP