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Quels effets sur l'économie aurait le programme de Sarkozy?

Nicolas Sarkozy allège l'impôt des plus aisés

Nicolas Sarkozy allège l'impôt des plus aisés - Philippe Desmazes - AFP

Après Bruno Le Maire, François Fillon et Alain Juppé, l'Observatoire BFM Business a analysé l'impact du programme économique de l'ex-président de la République.

Nicolas Sarkozy clôt le bal. Après François Fillon, Bruno Le Maire et Alain Juppé, l'Observatoire BFM Business a mis au banc d'essai le programme de l'ex-président de la République. Nous avons ainsi étudié les répercussions sur cinq ans de ses principales propositions sur le chômage et la croissance grâce à notre modèle économétrique baptisé Mac SIM II.

L'accent sur les plus aisés

Pour revenir à Nicolas Sarkozy, son programme met à la fois le cap sur les entreprises et les plus aisés. L'ancien locataire de l'Élysée propose ainsi une exonération totale des charges patronales au niveau du SMIC, qui diminuerait pour s'annuler progressivement à 1,6 SMIC. Il propose aussi de transformer le CICE en baisse de charges et de doubler son enveloppe à 34 milliards d'euros.

Au niveau des ménages, l'ex-président compte mettre en œuvre une baisse générale de 10% de l'impôt sur le revenu ce qui mécaniquement favoriserait les plus aisés. Il entend aussi supprimer l'ISF, augmenter la franchise sur les droits de succession en ligne directe à 400.000 euros contre 100.000 euros aujourd'hui et taxer les revenus du capital via un prélèvement forfaitaire libératoire de 26%.

Sur le volet économies, Nicolas Sarkozy compte réduire la dépense publique de 100 milliards d'euros sur cinq ans et diminuer le nombre de fonctionnaires de 300.000 sur l'ensemble du quinquennat. Il compte, par ailleurs, laisser les entreprises négocier le temps de travail, abrogeant de facto la durée légale du travail, et mettre en place la dégressivité des allocations chômage.

Voilà donc les résultats de ce cocktail de mesures.

> Étude d'impact 

Nous supposons que Nicolas Sarkozy tienne la totalité de ses promesses et réussisse à mettre en place l'ensemble de ses réformes (marché du travail, assurance-chômage, etc..).

Globalement, l'impact sur l'ensemble du quinquennat du programme de Nicolas Sarkozy est négatif sur le PIB (-0,8 point). Les deux premières années, les mesures d'économies et la mise en place des réformes amputent lourdement la croissance. Mais, dès la troisième année, les efforts entrepris commencent à payer, et la croissance repart ainsi sur de bonnes bases. La trajectoire est similaire sur le chômage: les deux premières années, l'impact sur le taux de chômage est négatif. Mais dès que les réformes produisent leurs fruits, les choses s'améliorent. Au final, le programme de l'ex-président diminuerait le taux de chômage de 1,3 point sur l'ensemble du quinquennat.

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Emmanuel Lechypre et Julien Marion