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Procès Tapie : peine sévère requise contre Stéphane Richard

Stéphane Richard devant les juges le 21 mars dernier.

Stéphane Richard devant les juges le 21 mars dernier. - Martin BUREAU / AFP

La peine requise contre le PDG d'Orange, directeur de cabinet de Christine Lagarde à l'époque, est lourde. Trois ans de prison dont 18 avec sursis, 100 000 euros d'amende et 5 ans d'interdiction d'exercer une fonction publique. Le verdict est attendant d'ici plusieurs semaines.

Le ministère public a requis lundi soir cinq ans de prison ferme à l'encontre de Bernard Tapie pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics" dans l'affaire de l'arbitrage controversé qui lui avait octroyé 403 millions d'euros en 2008 et qui a été annulé au civil pour "fraude".

Cet arbitrage, censé solder un vieux litige entre l'homme d'affaires et le Crédit Lyonnais, était "truqué" et M. Tapie, qui souffre aujourd'hui à 76 ans d'un double cancer, son "co-organisateur" et son "bénéficiaire principal", ont estimé les représentants du parquet, Nicolas Baïetto et Christophe Perruaux. 

Au terme d'un réquisitoire de plus de quatre heures et demi, ils ont également demandé au tribunal correctionnel d'ordonner la confiscation de l'ensemble des biens saisis au patron du groupe de médias La Provence et ex-ministre. 

Le parquet a en outre requis une peine de trois ans d'emprisonnement avec sursis contre Me Maurice Lantourne, ancien avocat de Bernard Tapie et son "éminence grise", et trois ans ferme à l'encontre du haut magistrat et principal rédacteur de la sentence arbitrale, Pierre Estoup, "à la solde" du duo. 

Stéphane Richard a toujours contesté avoir caché quoique ce soit à Chistine Lagarde

Contre l'actuel PDG d'Orange Stéphane Richard, qui était le directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde et qui a fait à celle-ci une "présentation tronquée" du litige lors de l'entrée en arbitrage en 2007, le ministère public a demandé trois ans de prison, dont 18 mois ferme, assortis d'une amende de 100.000 euros et d'une interdiction de toute fonction publique pendant cinq ans. Stéphane Richard, dont l'avenir serait menacé à la tête de l'opérateur de téléphonie en cas de condamnation, a plusieurs fois contesté devant le tribunal avoir caché à Christine Lagarde des notes hostiles à l'arbitrage et la présence de Bernard Tapie à une réunion cruciale à l'Elysée à l'été 2007.

La même peine d'emprisonnement et la même interdiction a été réclamée à l'encontre de Jean-François Rocchi, ex-dirigeant du Consortium de réalisation (CDR), entité chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais et adversaire de M. Tapie lors de l'arbitrage. 

La relaxe a au contraire été requise pour Bernard Scemama, autre fonctionnaire également jugé depuis le 11 mars. 

Parties civiles au procès, l'Etat et le CDR ont demandé le paiement solidaire de 525 millions d'euros de dommages et intérêts. Ils réclament en outre respectivement un million et 500.000 euros au titre du préjudice moral.

Les plaidoiries de la défense doivent débuter ce mardi matin et s'échelonner sur trois et éventuellement quatre jours. Le jugement n'est pas attendu avant plusieurs semaines.

La rédaction avec AFP