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Présidence du Medef: duel serré entre les deux candidats dans le sprint final

Le Medef choisira mardi 3 juillet son nouveau président pour succéder à Pierre Gattaz. Les deux candidats ont fait la course au coude-à-coude tout au long de la campagne: Geoffroy Roux de Bézieux et Alexandre Saubot.

Partis favoris dès le départ, alors que neuf puis sept candidats briguaient le poste, Geoffroy Roux de Bézieux (56 ans) et Alexandre Saubot (53 ans), tous deux poids lourds de la grande organisation patronale française, ont progressivement rallié à eux les autres prétendants. Les 556 électeurs de l'Assemblée générale, qui se réuniront mardi à partir de 10H00 à la Maison de la Mutualité à Paris, devront donc faire leur choix entre ces deux personnalités aux profils très différents.

L'un, Geoffroy Roux de Bézieux, est un créateur d'entreprise, qui a fait fortune dans le domaine des télécoms en ayant fondé The Phone House et Virgin Mobile. Ex-commando marine de 1984 à 1986 pendant son service national, diplômé de l'Essec, vice-président du Medef chargé de la fiscalité et du numérique, il est aujourd'hui patron de Notus Technologies. Son groupe investit notamment dans des PME de l'agro-alimentaire (Oliviers&Co, Le Fondant Gaulois) tout en développant une activité de capital-risque, investissant dans des start-up. Il affiche l'ambition d'incarner un patronat "moderne", capable de "renouveler" l'organisation patronale, dont l'image est très dégradée dans l'opinion publique.

L'autre, Alexandre Saubot, a un profil un peu plus traditionnel: polytechnicien, patron du groupe industriel familial Haulotte, spécialiste des nacelles élévatrices, il s'est illustré en étant le négociateur social du Medef et promet, s'il est élu, de "réconcilier la France et l'entreprise".

Geoffroy Roux de Bézieux a remporté le vote du conseil exécutif

La différence avec la précédente élection en 2013, où Pierre Gattaz avait réussi à ranger derrière lui ses principaux adversaires - dont Geoffroy Roux de Bézieux, déjà candidat à l'époque - rien n'est joué d'avance cette fois-ci.

"Bien malin qui sait qui sera élu", déclare un président de fédération territoriale. Et ce, même si Geoffroy Roux de Bézieux a remporté la première manche, arrivant en tête du vote, consultatif, des 45 membres du conseil exécutif du Medef.

Ces dernières semaines, les deux rivaux ont bataillé dur pour gagner des soutiens auprès des fédérations professionnelles et territoriales, qui représentent respectivement 375 voix et 170 voix à l'Assemblée générale. Ils se sont aussi livrés à une lutte médiatique effrénée, chacun affirmant être devant et appelant l'autre à se rallier à lui.

Les fédérations patronales ont fait leur choix et c'est serré

À son dernier décompte, Geoffroy Roux de Bézieux, derrière qui se sont rangés cinq anciens candidats, revendiquait le soutien de 22 fédérations professionnelles et de plus d'une cinquantaine de territoires. Fin mai 2018, une centaine de chefs d'entreprise de la French Tech ont signé une tribune en sa faveur et cette semaine, trois grandes figures du patronat, le très libéral Denis Kessler, Maurice Lévy et Gérard Mestrallet, appuyaient sa candidature dans les Echos.

De son côté, son rival a obtenu le soutien officiel de 18 fédérations professionnelles - dont de grosses disposant de nombreuses voix, telles que l'UIMM (métallurgie), la Fédération bancaire française ou encore la Fédération nationale des travaux publics - et d'une vingtaine de fédérations territoriales, selon un décompte de son équipe de campagne. Une cinquantaine de patrons a aussi signé une tribune le soutenant.

Le "règne" de Pierre Gattaz a été diversement apprécié

Quoi qu'il en soit, les deux candidats conviennent que le futur président élu aura pour mission de "rassembler" autour de lui et de rénover le Medef, après cinq années de règne de Pierre Gattaz, diversement apprécié dans le mouvement.

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, il y a un "sujet de réforme interne" à mener. Au-delà, il estime que les mutations technologiques en cours, qui vont avoir des conséquences très importantes sur le "business model", ou encore le salariat, "obligent le Medef et l'ensemble des forces économiques à repenser leur rôle". D'autant plus dans un contexte de "désaffection des corps intermédiaires" au sein de la société et de la part de l'exécutif.

Alexandre Saubot promet pour sa part "une méthode nouvelle" et "une équipe renouvelée" - il a d'ores et déjà annoncé que s'il était élu, son numéro deux serait Christophe Catoir, le président de The Adecco Group en France, un homme issu du secteur des services qui n'a pas encore eu de mandat au Medef. Et il a l'intention de réduire le mandat du président à trois ans renouvelable, contre cinq ans actuellement.

F.B avec AFP