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Pourquoi les agriculteurs manifestent ce jeudi

1.500 tracteurs devraient envahir Paris

1.500 tracteurs devraient envahir Paris - Denis Charlet - AFP

L'ensemble de la filière agricole est en proie à d'importantes difficultés. La FNSEA réclame ainsi un plan d'investissements ainsi que des baisses de charges pour permettre aux exploitants de relever la tête.

Paris prise d'assaut. Plus de 1.500 tracteurs s'apprêtent en effet à rentrer dans Paris ce jeudi 3 septembre, risquant ainsi de provoquer d'importants embouteillages dans la capitale. Cette manifestation d'envergure doit ainsi permettre aux agriculteurs d'exposer au grand jour leur colère et, surtout, de faire pression sur l'exécutif pour que celui-ci accède à leurs revendications.

La filière agricole, dans son ensemble, est actuellement minée par la baisse des prix, consécutive de la concurrence internationale et de la pression exercée par les acheteurs. Les éleveurs sont notamment les plus touchés. "Les éleveurs subissent la pression de facteurs géopolitiques sur lesquels ils n'ont aucune prise", reconnaissait d'ailleurs Manuel Valls, le 28 août dernier.

Le gouvernement avait déjà annoncé le 22 juillet dernier un plan d'urgence de 600 millions d'euros. Mais l'ensemble des mesures, qui consistent essentiellement en des reports d'emprunts, avaient été jugées insuffisantes par la filière.

Des charges trop élevées

La FNSEA, le premier syndicat agricole, estime globalement que les agriculteurs français font face à un "niveau de charges et de contraintes" bien plus élevé que leurs homologues étrangers.

Le président du premier syndicat agricole, Xavier Beulin, avait déjà fait part d'une de ses doléances le 23 août dernier, réclamant pas moins de 3 milliards d'euros d'investissements de la part du gouvernement, soit cinq fois plus que l'effort annoncé en juillet. Ce afin de "retrouver la compétitivité perdue de la France face à l'Allemagne" et moderniser ainsi l'ensemble de la filière.

Outre ce plan d'investissement, le président de la FNSEA indique, dans un entretien au Figaro ce jeudi, que "l'urgence porte sur le chantier à court terme d'allègement des charges". Ce qui passe par l'accès de tous les éleveurs aux mesures de rééchelonnement ou de restructuration de leur endettement bancaire.

"La prise en charge des frais financiers des agriculteurs les plus endettés pourrait représenter une enveloppe de 20 millions d'euros par an en plus pour les pouvoirs publics. Les banques doivent participer à la mesure, ainsi que l'ensemble des agriculteurs", poursuit-il.

Les premières réponses du gouvernement?

Mais outre les mesures nécessaires au rétablissement de la trésorerie des agriculteurs, Xavier Beulin souhaite également une "pause" dans l'empilement réglementaire et normatif. Un moratoire d'un an sur toute nouvelle disposition réglementaire est ainsi exigé.

Il appelle aussi le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll à revaloriser le prix du lait au niveau européen à 2,60 euros le litre en poudre contre 2,20 euros afin de désengorger le marché. Xavier Beulin expliquait également au JDD fin août, vouloir que François Hollande agisse diplomatiquement pour lever l'embargo russe qui pénalise les exportations de la filière.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll est censé lui donner des éléments de réponses ce lundi. Xavier Beulin doit également rencontrer Manuel Valls dans l'après-midi. Le président de la FNSEA espère annoncer à 15h aux agriculteurs les premières réponses du gouvernement.

>> Xavier Beulin sera l'invité du Grand Journal de BFM Business à 18h

Julien Marion avec AFP