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Pour Patrick Artus, l'Etat doit "continuer à prendre toute la facture" du choc économique

Patrick Artus

Patrick Artus - -

Alors que l'Etat entend réduire son soutien aux entreprises notamment en matière de prise en charge du chômage partiel, le chef économiste de Natixis estime sur BFM Business que ce choix est très risqué pour la relance.

"Au point où on en est..." Pour Patrick Artus, chef économiste chez Natixis et membre du Cercle des Economistes, commencer à réduire le soutien de l'Etat au tissu économique français serait la pire des erreurs à faire. 

"Nous avons vu après la crise des subprimes il y a à peu plus de 10 ans qu'il ne fallait pas revenir rapidement à des politiques budgétaires restrictives surtout quand elles prenaient la forme de hausses d'impôts. Parce qu'on refaisait replonger l'économie", souligne-t-il sur BFM Business.

Ne pas contracter la demande

"Il ne faut pas resserrer les politiques de la demande (...) Cette année, l'Etat a décidé de prendre à sa charge la quasi-totalité de la facture du choc: la baisse du PIB est à peu près compensée par la hausse des déficits publics (...) en moyenne, l'Etat a pris la facture. Et on a bizarrement un débat pour se dire 'mais il faut arrêter' et donc l'année prochaine, il faut que d'autres prennent la facture, par exemple les salariés puisqu'on dit qu'on va peut-être baisser les salaires. Et je ne comprends pas ce débat", assène Patrick Artus.

"Il me semble qu'il serait raisonnable de dire que l'Etat va continuer à prendre toute la facture jusqu'à que nous ayons retrouvé un niveau normal d'activité. On ne va pas commencer à redonner une partie de la facture aux autres agents économiques parce que là, on referait cette même erreur qui est de contracter la demande au pire moment, au moment où l'économie redémarre", tranche l'économiste.

Olivier Chicheportiche