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Pour Nexans, la reprise de l'activité doit se traduire par un business plus vertueux

Sur BFM Business, Christophe Guérin, directeur général du leader mondial des câbles, plaide pour "un peu plus" de solidarité entre les clients et les fournisseurs.

Et si l'épidémie de coronavirus était l'occasion de remettre à plat la façon de produire et de faire du business en France. On a ainsi beaucoup parlé de production locale, de relocalisations des industries. Sur BFM Business, Christophe Guérin, directeur général de Nexans va même plus loin, estimant que la reprise économique doit être synonyme de business plus vertueux.

"Le sujet numéro un c'est le sujet de déconfinement des esprits. Pour moi, il faut absolument transformer cette crise en une opportunité pour repenser les modèles", explique-t-il.

"Je vais être très concret (...) mon sujet numéro un c'est de repenser la relation client-fournisseur qui a créé un peu les effets de mondialisation. En tant que fournisseur, on cherche à vendre au plus cher, un acheteur essaye d'acheter au moins cher. Le problème, c'est qu'il faut regarder à travers un juste coût au pluriel, un juste coût économique c'est certain mais aussi un juste coût social, l'emploi et un juste coût environnemental".

Le risque, aller "droit dans le mur"

Et de citer l'exemple de la perte d'un contrat avec un client "pour 1% de différentiel de prix alors que notre usine est à 100 kilomètres de distance de son point de livraison et il a préféré prendre un fournisseur qui était à 2500 kilomètres".

"Je souhaite, surtout dans la reprise économique, un peu plus de solidarité entre clients et fournisseurs. Je souhaite de l'achat local, régional (...) et puis également des circuits courts d'un point de vue logistique car bien sûr pour l'empreinte carbone c'est tout à fait positif", poursuit le dirigeant.

Christophe Guérin "croit" à un business plus vertueux: "si on utilise pas cette crise pour la transformer en opportunité, on va droit dans le mur". "Il faut que ça soit vertueux".

Et de rappeler que l'industrie a mis 10 ans à se remettre de la crise de 2008/2009. "Il ne faut pas reproduire les erreurs du passé", conclut-il. 

Olivier Chicheportiche