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Pour Amélie de Montchalin, "il n'y a pas d'autre solution" au plan de relance européen

Sur BFM Business, la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes adresse un message clair aux pays de l'Union qualifiés de "frugaux" qui contestent certaines composantes de ce plan.

Fin mai, l'Union européenne présentait un plan historique de relance évalué à 750 milliards d'euros. Suscitant aussitôt la réticence de quelques Etats membres, surnommés "frugaux", qui préfèrent soutenir l'économie de la zone uniquement via des prêts, et non avec des subventions, alors que la commission propose les deux.

Pour la France, ce plan doit être adopté et vite. "J'appelle donc tous les Etats européens sans exception, y compris les quatre frugaux, à soutenir ce plan", a déclaré a ainsi déclaré Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie. Sur BFM Business, Amélie de Montchalin, la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes va même plus loin, expliquant qu'il n'existe pas d'autres choix. "Notre relance française ne peut pas fonctionner si elle n'est pas liée à une relance européenne", souligne-t-elle.

Et de minimiser le risque de cette opposition: "c'est pas un bloc, les suédois, les danois, les néerlandais, les autrichiens, ils disent pas exactement la même chose. Ils ont des demandes donc moi je prends mon bâton de pèlerin, je vais en Autriche, je vais aux Pays-Bas lundi, pour qu'on prépare la discussion entre chefs d'Etats et de gouvernement et qu'on soit précis (...) pour qu'on puisse se mettre d'accord". La secrétaire d'Etat estime ainsi qu'il reste un petit bout de chemin à parcourir.

Jouer la carte de l'économie plutôt que du politique

Mais la responsable prévient: "il n'y a pas d'autres solutions que de se mettre d'accord en juillet. Si le plan de relance on l'a pas pour la relance, là on aura un problème".

Si les gouvernements des pays "frugaux" apparaissent frileux, Amélie de Montchalin entend s'appuyer directement sur les acteurs économiques de ces pays pour emporter la décision. "Les entreprises autrichiennes, les syndicats autrichiens, les entreprises néerlandaises, les syndicats néerlandais: ils sont d'accord avec ce plan. Comme nous en France, ils voient la même chose, on est face à une crise où effectivement nos gouvernements sont dans l'urgence (...) mais pour ce qui est de l'après (...) ce n'est qu'en Européens qu'on peut réussir".

Reste que ces décisions budgétaires se prennent à l'unanimité des membres de l'UE. "C'est pour ça qu'on a besoin de comprendre de quoi ils sont besoin. On ne veut pas dégrader l'accord, on ne veut pas être moins ambitieux (...) mais surtout ce que je vois c'est que leurs entreprises, leurs salariés, leurs syndicats, ils voient la même chose que nous (...) On est tous dépendants les uns des autres".

Olivier Chicheportiche