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Portugal: nouveau satisfecit de la Troïka

Fin octobre 2013, la population portugaise défile pour protester contre la nouvelle batterie de mesures d'austérité contenue dans le Budget 2014.

Fin octobre 2013, la population portugaise défile pour protester contre la nouvelle batterie de mesures d'austérité contenue dans le Budget 2014. - -

Les représentants des créanciers internationaux du Portugal ont approuvé ce 16 décembre la nouvelle cure d'austérité infligée au Portugal. Une décision qui ouvre la voie au versement d'une nouvelle tranche d'aide.

Lisbonne va pouvoir toucher une nouvelle tranche d'aide de la part du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE). La troïka, les créanciers internationaux du Portugal, ont approuvé lundi 16 décembre la mise en œuvre du plan d'austérité du pays, a indiqué le gouvernement.

Cette décision ouvre la voie au versement d'une nouvelle tranche de crédit de 2,7 milliards d'euros pour le pays qui s'est vu octroyer une promesse d'aide internationale de 78 milliards d'euros en mai 2011. Un feu vert qui intervient à moins de six mois de la sortie programmée de son plan de sauvetage, prévu pour juin 2014.

Dans le but de ramener le déficit public lusitanien à 4% en 2014, contre 5,5% en 2013, le gouvernement, formé d'une coalition de centre droit, a fait voter en novembre un budget 2014 de rigueur. Au menu: des économies et hausses d'impôts à hauteur de 3,9 milliards d'euros, soit 2,3% du PIB portugais.

Une horloge qui égrène les jours avant la fin du plan d'aide

Lisbonne n'avait pas le choix. En septembre, ses créanciers internationaux ont refusé d'assouplir leurs exigences de rigueur, et l'agence de notation Standard and Poor's a dégradé la note du pays, doutant de sa capacité à tenir l'objectif de réduction de déficit fixé.

Mais certaines mesures du budget 2014 risquent d'être retoquées par la Cour constitutionnelle portugaise, saisie à propos de la coupe de 10% prévue dans les retraites des fonctionnaires par le président portugais Anibal Cavaco Silva. Les 13 juges doivent se prononcer avant la fin de la semaine sur cette mesure controversée.

Si elle la rejetait, le gouvernement devrait trouver en urgence des sources d'économies équivalentes aux 388 millions d'euros qu'elle devait rapporter. Sans quoi sa sortie du programme d'aide internationale serait mise en péril.

Impatient de voir l'exécutif portugais retrouver sa souveraineté sur les questions budgétaires, le CDS-PP, parti de droite membre de la coalition au pouvoir, a dévoilé dimanche une horloge affichant le compte à rebours avant la fin du plan d’aide. Ce compteur numérique qui égrène les mois, les jours, les heures, les minutes et les secondes jusqu’à "la sortie de la troïka" sera à terme installé devant le siège de son organisation.

N.G. avec AFP