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Combien coûterait à la France un défaut du Portugal?

La crise politique portugaise fait craindre à ses partenaires de nouveaux retards dans l'atteinte de ses objectifs budgétaires et dans le remboursement de sa dette publique.

La crise politique portugaise fait craindre à ses partenaires de nouveaux retards dans l'atteinte de ses objectifs budgétaires et dans le remboursement de sa dette publique. - -

Selon une étude de l'institut économique IESEG, paru jeudi 11 juillet, un défaut de Lisbonne sur sa dette publique engagerait la France à hauteur de 25,3 milliards d'euros. Sans compter l'exposition des banques hexagonales.

Le Portugal n'en n'a finalement pas fini avec sa crise politique. A tel point que Lisbonne a demandé, jeudi 11 juillet, à ses créanciers, les fameux observateurs de la troïka, de reporter leur prochaine évaluation trimestrielle qui devait démarrer lundi prochain à fin août ou début septembre.

Le gouvernement évoque pudiquement "la situation politique actuelle".De quoi repousser encore la mise en place des contreparties au plan de sauvetage international du Portugal, alors que la situation ne fait qu'empirer dans le pays.

S'il devait faire défaut, et quitter la zone euro, il en coûterait au moins 25 milliards d'euros à la France. Cette somme est le résultat de l'étude menée par Eric Dor, directeurs des études économiques à l'IESEG School of Management. L'analyste estime qu'une restructuration de la dette publique portugaise génèrerait des pertes de 12,5 milliards d’euros pour ses partenaires, si tant est que le pays reste dans l'euro.

Mais dans le scénario le plus pessimiste, le total des pertes pour la France pourrait alors atteindre 25,3 milliards d’euros.

L'exposition des banques françaises non-comptabilisée

Pour calculer ce coût, Eric Dor a considéré les engagements financiers de l'Hexagone dans les différents mécanismes de secours européens.

Dans le Mécanisme européen de stabilité (MES) notamment, ce dispositif mis en place pour permettre à la Commission européenne d'emprunter sur les marchés pour prêter elle-même au Etats membre en détresse. Paris y participe à hauteur de 17,64%, la deuxième plus grosse part après celle de l'Allemagne. Si Lisbonne faisait faillite, son engagement atteindrait les 3,9 milliards au sein du MES.

Paris participe également au Fonds de secours européen, cette fois à 21,83%. Là, son exposition dépasse les 4 milliards vis-à-vis de Lisbonne.

Par ailleurs, la Banque centrale européenne, qui a déjà racheté pour près de 23 milliards d'euros d'obligations souveraines portugaises, devrait continuer pour faire baisser les coûts de financement du pays. Comme la France détient 20,32% du capital de la BCE, ces rachats lui coûteraient plus de 17 milliards.

Au total donc, la France pourrait devoir débourser plus de 25 milliards d'euros. Sans compter l'exposition des banques privées du pays au Portugal, que l'Etude chiffre à 16,7 milliards d'euros.

Nina Godart