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Plombé par le risque italien, l'euro tente de se reprendre

L'euro est tombé mardi à son plus bas depuis l'été 2017. La monnaie unique remonte la pente ce mercredi matin, alors que le nouveau président du Conseil, Carlo Cottarelli, doit présenter dans la journée sa liste de ministres.

Secoué par les turbulences politiques qui fragilisent la situation économique de l'Italie, l'euro chutait mardi face au dollar, s'approchant du seuil symbolique de 1,15 dollar plus vu depuis l'été 2017.

Ce mercredi matin, l'euro se reprend face au dollar, alors que le nouveau président du Conseil, Carlo Cottarelli, doit présenter plus tard dans la journée sa liste de ministres. Vers 11h00 (heure de Paris), la monnaie unique européenne valait 1,1599 dollar, contre 1,1540 dollar mardi à 23h00 et 1,1625 dollar lundi soir. La monnaie européenne est tombée mardi en cours de séance à 1,1510 dollar, son plus bas niveau depuis juillet 2017.

Des inquiétudes "vraiment sérieuses"

La monnaie européenne chute "car il existe des inquiétudes vraiment sérieuses sur l'avenir de l'Italie et de la zone euro, qui ne peut pas vivre sans sa troisième économie", a estimé Boris Schlossberg de BK Asset Management.

Alors que les marchés avaient initialement bien pris le veto présidentiel à un ministre des Finances eurosceptique, faisant éclater la coalition entre la Ligue (extrême droite) et le M5S (populiste), plusieurs analystes ont souligné mardi que cette décision pourrait transformer le futur scrutin en référendum pour ou contre l'Union européenne.

"Le programme populiste (de la coalition) sur les mesures de soutien budgétaires et sur la renégociation de la dette a fait trembler les marchés de la dette en Italie qui craignent qu'un tel changement de politique mène inexorablement à la sortie de l'euro", a souligné Boris Schlossberg.

Une période de "haute volatilité" va s'ouvrir

Les investisseurs doivent se préparer à une période de "haute volatilité", ont prévenu les analystes de UBS dans une note sur l'Italie après la chute brutale de l'euro mardi, et alors que les Bourses de Milan et de Madrid ont clôturé en forte baisse.

"Les turbulences sur les marchés financiers se propagent. L'épicentre est l'Italie", a souligné Yoshimasa Maruyama, économiste en chef du marché chez SMBC Nikko Securities. Mais, selon lui, les marchés sont également affectés par la situation en Espagne où le Premier ministre Mariano Rajoy doit faire face à un vote de défiance cette semaine. "Les troubles jumeaux en Italie et en Espagne ont évoqué la crise de la dette passée" en Grèce et dans d'autres pays de la zone euro, a poursuivi Yoshimasa Maruyama.

Le "spread" (l'écart) entre les taux italien et allemand, de son côté, a bondi au-dessus des 300 points de base, alors que cet indicateur est vu comme le symbole de la confiance des marchés dans la zone euro. Celui-ci tournait autour de 130 points il y a deux semaines et avait clôturé lundi à 235 points, son plus haut niveau depuis novembre 2013.

"La Banque centrale européenne, qui prévoyait de mettre fin à son vaste programme de rachats d'actifs en septembre, va peut-être une nouvelle fois devoir agir en sauveur et éventuellement revoir sa stratégie", a noté Boris Schlossberg.

J.-C.C. avec AFP