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Pierre-Alain Muet : "les entreprises vont investir dès 2013"

Pierre-Alain Muet pense que le crédit d'impôt devrait permettre de résoudre le problème d'offre et de demande conjoint que connaît l'économie française

Pierre-Alain Muet pense que le crédit d'impôt devrait permettre de résoudre le problème d'offre et de demande conjoint que connaît l'économie française - -

Le vice-président PS de la Commission des finances de l'Assemblée nationale a jugé, mercredi 14 novembre sur BFM Business, que le crédit d'impôt promis aux entreprises par le gouvernement est "extrêmement intelligent".

Dans sa première grande conférence de presse, tenue mardi 13 novembre, François Hollande a défendu le pacte de compétitivité à destination des entreprises, avec sa mesure phare : le crédit d’impôt de 20 milliard d’euros. Ce dispositif "à effet immédiat dès le premier janvier", a rappelé le chef de l’Etat, "sera simple, sans aucune formalité administrative".

Pour l'économiste Pierre-Alain Muet, vice-président PS de la Commission des finances de l’Assemblée nationale et invité ce mercredi 14 novembre de l’émission Good Morning Business de BFM Business, le grand gagnant de ce crédit d’impôt est "la négociation" entre les partenaires sociaux.

Car, précise-t-il, la contrepartie de ce crédit d’impôt, devrait venir des "négociations sur la sécurité professionnelle entre les partenaires sociaux ". A ce titre, il rappelle que les salariés "vont entrer dans les conseils d’administration", comme le recommandait le rapport Gallois.

Pierre-Alain Muet juge par ailleurs que François Hollande "a bien construit ce crédit d’impôt". "Nous sommes dans une situation économique atypique avec un problème d’offre et de demande. La demande est trop faible et en même temps nous avons un souci d’offre compétitive", analyste-t-il.

Un crédit d'impôt "extrêmement intelligent"

Il estime ainsi que ce crédit d’impôt est "extrêmement intelligent" et permet de résoudre ce problème. Son raisonnement est le suivant : les entreprises vont investir dès 2013 en tenant compte du bénéfice futur que rapportera ce crédit d’impôt, qui leur sera versé en 2014 au titre de l’impôt sur les sociétés de 2013. "En même temps le financement ne va intervenir qu’en 2014", rappelle le député PS.

Le gouvernement n’augmentera certains taux de TVA qu’à compter de l’année 2014. Ce qui permettrait d’améliorer immédiatement l'offre et de prendre une année entière pour rétablir la demande, avant que la consommation ne soit impactée par la hausse de la fiscalité. "C’est tout ce qui est intelligent dans ce crédit d’impôt". "Cela évite également de toucher au financement de la protection sociale, ce qui n’aurait pas été le cas avec une hausse de la CSG, et préserve ainsi la négociation des partenaires sociaux".

Julien Marion