BFM Business

Nicolas Sarkozy veut évoquer les prix agricoles au niveau du G20

En visite dans une exploitation de l'Essonne, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de convoquer l'an prochain une réunion des ministres de l'Agriculture du G20 pour discuter des moyens de lutter contre la trop grande volatilité des cours des matières p

En visite dans une exploitation de l'Essonne, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de convoquer l'an prochain une réunion des ministres de l'Agriculture du G20 pour discuter des moyens de lutter contre la trop grande volatilité des cours des matières p - -

par Yann Le Guernigou BUNO-BONNEVAUX, Essonne - Nicolas Sarkozy a annoncé mardi son intention de convoquer l'an prochain une réunion des ministres...

par Yann Le Guernigou

BUNO-BONNEVAUX, Essonne (Reuters) - Nicolas Sarkozy a annoncé mardi son intention de convoquer l'an prochain une réunion des ministres de l'Agriculture du G20 pour discuter des moyens de lutter contre la trop grande volatilité des cours des matières premières agricoles.

En visite dans une exploitation de l'Essonne, le chef de l'Etat n'a dévoilé en revanche aucune nouvelle mesure d'urgence pour aider le monde agricole à traverser une crise sans précédent après celles annoncées en octobre et renforcées le mois dernier.

Mais il a exclu de revenir sur la diminution des aides publiques aux céréaliers dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC), même s'il s'est engagé à ne pas les "laisser tomber".

Et il a donné son feu vert à une autre revendication des syndicats agricoles, la possibilité de lisser les bénéfices annuels d'un exploitant sur plusieurs exercices de façon à pouvoir imputer sur ceux-ci les déficits des mauvaises années.

Le dispositif devrait prendre la forme d'un amendement dans le projet de loi de modernisation de l'agriculture examiné le mois prochain au Parlement.

"J'ai demandé à Bruno Le Maire (le ministre de l'Agriculture), dans le cadre de la présidence française du G20 (en 2011, NDLR) d'organiser un sommet des ministres de l'Agriculture pour parler de la volatilité des marchés des matières premières agricoles et des matières premières en général", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde avec des agriculteurs.

Le président français a fait du renforcement de la régulation des prix agricoles une priorité après deux années de forte baisse qui ont amputé les revenus des paysans français de plus de 50% dans certaines filières.

Il a insisté à nouveau sur la nécessité d'agir dans un cadre européen, réitérant que la France état prête à accepter une diminution des subventions agricoles dans le cadre de la renégociation de la PAC à l'horizon 2013 "pour peu qu'à l'inverse on accepte la préférence communautaire et des prix qui garantissent au producteur au moins son prix de revient".

"ON NE VOUS LAISSERA PAS TOMBER"

Par cette visite, Nicolas Sarkozy répondait à une invitation des jeunes agriculteurs d'Ile-de-France, qui ont mené l'an passé des actions spectaculaires comme le blocage des Champs-Elysées ou le déversement de bottes de paille autour du palais de l'Elysée pour attirer l'attention du pouvoir.

Une de leurs principales revendications porte sur l'annulation du redéploiement d'une petite partie - un milliard d'euros - des aides de la PAC aux céréaliers au profit des éleveurs et des agriculteurs de montagne décidé au niveau européen.

Le président a exclu de revenir sur ce dispositif décidé avant la crise en soulignant que la France, qui a réussi à mobiliser 24 des 27 pays de l'UE autour de ses positions pour la réforme de la PAC, risquerait alors "de perdre immédiatement des alliés qu'on a eu du mal à amener avec nous".

Mais il a indiqué que si le comité de suivi du bilan de santé de la PAC, qui se réunit en décembre, faisait apparaître une situation trop défavorable aux céréaliers, des mesures pourraient être alors prises. "On ne vous laissera pas tomber s'il y a des choses à faire", a-t-il dit.

Damien Greffin, président des Jeunes Agriculteurs d'Ile-de-France, s'est félicité du dialogue entamé avec le chef de l'Etat mais a déploré qu'il n'ait pas fait beaucoup en termes d'annonces concrètes.

"On repousse à des mois et des mois alors que la situation économique des entreprises est déjà très, très fragile ", a-t-il dit. Il avait averti auparavant que 30% à 40% des céréaliers franciliens risquaient de ne pas voir l'échéance de la nouvelle PAC, en 2013, si rien n'était fait.

Edité par Sophie Louet