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Nick Clegg rebat les cartes grâce au débat télévisé britannique

Le premier débat télévisé de l'histoire de la politique britannique entre les trois candidats au poste de Premier ministre a renforcé la stature de l'outsider libéral-démocrate Nick Clegg et rebattu les cartes à trois semaines du scrutin du 6 mai. /Photo

Le premier débat télévisé de l'histoire de la politique britannique entre les trois candidats au poste de Premier ministre a renforcé la stature de l'outsider libéral-démocrate Nick Clegg et rebattu les cartes à trois semaines du scrutin du 6 mai. /Photo - -

par Estelle Shirbon MANCHESTER, Angleterre - Le premier débat télévisé de l'histoire de la politique britannique entre les trois candidats au poste...

par Estelle Shirbon

MANCHESTER, Angleterre (Reuters) - Le premier débat télévisé de l'histoire de la politique britannique, entre les trois candidats au poste de Premier ministre, a renforcé la stature de l'outsider libéral-démocrate Nick Clegg et rebattu les cartes à trois semaines du scrutin du 6 mai.

Plus de dix millions de Britanniques ont suivi au moins en partie le débat au cours duquel Nick Clegg, 43 ans, s'est montré le plus convaincant, selon plusieurs sondages, devant le dirigeant conservateur David Cameron et le Premier ministre travailliste Gordon Brown.

"Nick Clegg a cassé le duopole de la politique britannique grâce à une prestation solide dans le premier débat télévisé historique d'hier soir", écrit vendredi The Independent.

De nombreux commentateurs et les libéraux-démocrates eux-mêmes estiment que le débat a fait entrer la politique britannique dans une nouvelle ère, celle du tripartisme.

Les libéraux-démocrates s'attendent désormais à susciter quelques convoitises mais aussi à essuyer des attaques plus virulentes de la part des travaillistes et des conservateurs.

"Maintenant que nous avons transformé cela en une course à trois chevaux, plutôt qu'à deux chevaux, ils vont venir vers nous, nous le savons. Nous devons nous y préparer", a déclaré à la BBC Paddy Ashdown, un ancien dirigeant libéral-démocrate.

"JE SUIS D'ACCORD AVEC NICK"

Selon lui, Gordon Brown et David Cameron se montreront plus saignants envers Nick Clegg lors des deux prochains débats, qui porteront sur les questions internationales et l'économie.

Un premier sondage post-débat diffusé vendredi montre que le parti libéral-démocrate, invariablement classé au troisième rang des intentions de vote, progresse sensiblement.

L'étude de l'institut ComRes pour ITV News, réalisée auprès de 4.000 téléspectateurs, crédite les libéraux-démocrates de 24% des intentions de vote (+3 points), derrière les conservateurs (35%) et les travaillistes (28%).

Il s'agit du plus haut score des libéraux-démocrates dans un sondage ComRes depuis les dernières élections de 2005, où ils avaient recueilli 22% des suffrages.

Dans la perspective d'un "parlement bloqué" dans lequel aucun des deux grands partis n'obtiendrait la majorité absolue, les libéraux-démocrates pourraient jouer le rôle de "faiseurs de roi" en s'alliant à l'une ou l'autre formation.

Gordon Brown, 59 ans, dont la meilleure chance d'offrir un quatrième mandat consécutif au Labour est de compter sur un "parlement bloqué" et le soutien des libéraux-démocrates, s'est montré dur à l'encontre de David Cameron pendant le débat et beaucoup plus consensuel à l'égard de Nick Clegg.

Il a souligné à de nombreuses occasions les convergences de vue entre travaillistes et libéraux-démocrates en prononçant à sept reprises la formule: "Je suis d'accord avec Nick".

Nick Clegg ne s'est guère laissé amadouer, présentant ses adversaires comme les tenants de la "politique d'autrefois" et promettant d'offrir aux électeurs la nouveauté et le changement. Il a fustigé les 13 années d'échec de politique travailliste incarnée selon lui par Brown.

David Cameron, pour sa part, devrait être sous pression lors des deux prochains débats. Traditionnellement très à l'aise à la télévision, le favori du scrutin est apparu inhabituellement tendu lors du débat.

"Les attentes étaient incroyablement élevées parce qu'il est le favori et qu'il est bon à la télévision", résume Tim Montgomerie, rédacteur en chef du site internet ConservativeHome.

Clément Dossin pour le service français, édité par Jean-Philippe Lefief