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N'attendons pas monts et merveilles des mesures pour l'investissement

Denis Ferrand, le directeur général de Coe-Rexecode, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good morning business, ce mardi 14 avril.

Denis Ferrand, le directeur général de Coe-Rexecode, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good morning business, ce mardi 14 avril. - BFM Business

En ce jour d'entrée en vigueur de la principale mesure destinée à relancer l'investissement des entreprises, Denis Ferrand, le directeur général de Coe-Rexecode, a mis en doute l'efficacité du dispositif.

La principale mesure annoncée par le gouvernement pour relancer l'investissement dans les entreprises entre en vigueur ce 14 avril. Le suramortissement va permettre aux entreprises de déduire 40% de plus que ce que leur coûte leur machine. Pour quel impact? L'institut COE Rexecode insiste pour dire que la mesure va dans le bon sens, mais qu'elle risque d'être très insuffisante. 

Son directeur général, Denis Ferrand, sur BFM Business ce mardi, désigne ainsi une mesure "cosmétique", appliquée à ce qui constitue le "chaînon manquant de notre reprise". "Le pétrole nous a donné un bol d'air, une impulsion en termes de pouvoir d'achat, que l'on retrouve dans la consommation, qui est bien repartie. En revanche, le poste de dépense qui n'a pas du tout embrayé est celui de l'investissement".

Alors certes, il reconnaît au gouvernement une certaine "créativité fiscale". Mais Denis Ferrand regrette les trop nombreuses "incertitudes" qui persistent, "par exemple sur le périmètre de la mesure. Quels sont les investissements concernés?".

Encore faut-il payer des impôts

Il espère néanmoins un "effet d'annonce important de stimulation des investissements". La mesure va coûter "2,5 milliards d'euros décaissés par l'Etat, et encaissés par les entreprises sous forme de moins d'impôts à payer sur les bénéfices. Puisque plus d'amortissement, c'est moins de résultats, nets donc moins d'impôts".

Mais le directeur général de COE Rexecode rappelle que la mesure n'est pas aussi avantageuse qu'il y paraît, notamment parce que "l'effort fiscal va être lissé sur toute la durée de l'investissement". Imaginons que l'entreprise choisit de faire un investissement sur cinq ans. Alors le suramortissement sera lissé sur cinq ans. Dès lors, l'effort n'est plus de 2,5 milliards mais de 500 millions d'euros par an. Soit "0,2% du résultat net des entreprises, et 0,2% du montant total de leurs investissements", souligne Denis Ferrand. Et puis "encore faut-il payer des impôts pour en bénéficier" pointe-t-il.

Le numérique pas concerné

En outre, l'équipement en infrastructures numérique ne fait pas partie des types d'investissement concernés par cette mesure. "Actuellement, la mesure cible très clairement les équipements industriels, type machine-outil".

En somme, la seule chose à retenir de cette mesure est son "message", selon le directeur du cabinet d'analyse: "soutenons l'investissement, seul moyen de transformer le rebond de croissance que l'on connaît actuellement en une véritable reprise". Mais "n'en attendons pas monts et merveilles, n'attendons pas d'une seule mesure qu'elle soit le catalyseur d'une reprise". 

N.G.