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Moscovici : « Je ne me suis pas pissé dessus »

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Pierre Moscovici, député PS du Doubs, explique pourquoi il s’est plié à la discipline du groupe socialiste en s’abstenant alors que, personnellement, il aurait voté pour le plan de sauvetage.

Le député PS du Doubs Pierre Moscovici a précisé dans les Grandes Gueules, les raisons pour lesquelles il s'est finalement abstenu lors du vote du plan de sauvetage des banques.

Pour... la mesure technique, pas pour le budget 2009
« Que les choses soient claires, personne ne voulait voter contre. Parce que tout le monde savait qu'il fallait sauver le système bancaire et qu'après les décisions européennes du week-end, il fallait les appliquer. Le choix était entre le pour et l'abstention. Moi j'étais pour (ndlr : le vote pour le plan). Il ne s'agit pas de donner un blanc-seing à Sarkozy - sa politique économique est imprévoyante, injuste, inefficace - il ne s'agit pas non plus de dire qu'il a géré la crise formidablement - il a été brouillon voire chaotique à certains moments et tout ça est assez tardif - mais il s'agit de dire : la situation est difficile. On peut approuver la mesure technique. On aura l'occasion de faire des critiques, ô combien méritées, sur le budget 2009 qui va être présenté la semaine prochaine et qui est une catastrophe pure et simple parce qu'on confirme la paquet fiscal, on supprime des emplois publics ».

Abstention constructive
« L'abstention, je le dis franchement, ne me choque pas. Ce n'est pas une indignité nationale, c'est une autre façon de dire la même chose : nous ne nous opposons pas, mais nous ne donnons pas non plus caution à la politique du Président de la République. Quand le parti a pris une décision, il faut savoir faire preuve de discipline. C'était le choix entre abstention constructive et oui critique. Dans ce plan, on sauve le système financier, on vient au secours de banquiers, mais on ne pense pas au Français, on ne pense pas à l'économie réelle, on ne pense pas à la récession qui vient, on ne pense pas aux salariés qui sont dans la difficulté, on ne pense pas aux petits retraités, on ne pense pas aux gens qui sont dans les PME... Aucune mesure de soutien de l'activité, qu'elle soit européenne ou française. Et derrière ça, un budget qui est désastreux. Cette abstention, je ne vais pas vous dire que c'est formidable, j'aurais préféré autre chose. Je dis simplement que ce n'est pas scandaleux, que c'est justifiable, que c'est explicable et que je ne me suis pas senti comme quelqu'un qui se pissait dessus en m'abstenant alors que j'étais pour. Je crois que c'est admissible, que c'est compréhensible. Les Français qui nous écoutent, ils voient bien que la politique de Sarkozy ne va pas, ils ne sont pas fâchés contre nous ».

Pas d'unité nationale avec cette droite arrogante
« On a peut-être raté une occasion de dire oui hier, mais ce n'est pas un drame. J'ai vu la réaction de Jean-François Copé à l'Assemblée : arrogante. J'ai vu la droite qui nous huait, j'ai vu le Président de l'Assemblée Nationale qui nous laisse être insultés et interpellés. On n'a pas à être dans l'unité nationale avec ces gens-là. Unité nationale, non. Responsabilité nationale tournée vers les Français, oui. C'est comme ça que je définis mon attitude. On a une droite assez particulière en France : des gens qui nous demandent sans arrêt l'unité et qui passent leur temps à nous taper dessus. Et qui, si nous avions voté pour, auraient dit " Vous voyez à quel point Nicolas Sarkozy est formidable ". Non, Nicolas Sarkozy n'est pas formidable ».

La rédaction-Les Grandes Gueules