BFM Business

Montebourg-Barroso: polémique en cascade

Arnaud Montebourg a qualifié le président de la Commission européenne de "carburant du FN.

Arnaud Montebourg a qualifié le président de la Commission européenne de "carburant du FN. - -

Les propos d'Arnaud Montebourg qualifiant le président de la Commission européenne de "carburant du FN" font la Une du "Financial Times", lundi 24 juin. En France, les réactions ne se sont pas faites attendre.

Arnaud Montebourg n’est pas homme à se faire discret trop longtemps. En témoigne son attaque en règle contre le président de la Commission européenne, dimanche 23 juin, sur France Inter.

Ce dernier avait, quelques jours auparavant, qualifié la position française de "réactionnaire" dans les négociations sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis.

En qualifiant Jose Manuel Barroso de "carburant du Front national", le ministre du Redressement productif en est quitte pour une polémique dont lui seul a le secret.

Sapin joue l'apaisement, Juppé en remet une couche

Invité de BFMTV, lundi 24 juin, Michel Sapin s’est employé l’apaisement, précisant qu’il fallait "faire attention aux termes, surtout par rapport à quelqu'un qui est encore en fonction". 

Au contraire de Cécile Duflot qui, sur France Inter, a préféré dénoncer l’attitude de l’Union européenne, "une forme de gendarme qui regarde de haut les pays, qui ne bâtit pas l'avenir".

Mais le soutien le plus inattendu est sans aucun doute venu d’Alain Juppé, lui aussi sur BFMTV, dimanche : "le président de la commission est totalement archaïque, il doit avoir une vision du monde qui doit dater des années 58", a-t-il ainsi déclaré. Mais l'ancien premier ministre de Jacques Chirac a ensuite qualifié Arnaud Montebourg de "ministre le plus improductif" du gouvernement.

La Commission européenne fustige les propos de Montebourg

Evidemment, les déclarations du ministre français n’ont pas fait que des heureux du côté de Bruxelles. Michel Barnier, le commissaire européen au marché intérieur, a fait part de sa "colère" sur France 2 lundi, estimant que ses propos étaient "faux et absurdes". La Commission européenne s’est même fendue d’un communiqué pour fustiger le "chauvinisme" français.

Mais c'est du principal intéressé que la réponse la plus cinglante est venue: "certains souverainistes de gauche ont exactement le même discours que l'extrême droite", a en effet déclaré José Manuel Barroso lors d'une conférence de presse. "Il serait bon que certains responsables politiques comprennent que ce n'est pas en attaquant l'Europe et en essayant de faire de la Commission européenne le bouc émissaire de leurs difficultés qu'ils arriveront très loin", a-t-il poursuivi.

L’affaire a également pris une ampleur internationale, puisque Arnaud Montebourg fait la Une du Financial Times, lundi. "Barroso is fuel for National Front, claims French industry minister", titre ainsi le quotidien britannique.

Yann Duvert