BFM Business

Paiement mobile: soupçon d'entente entre banques suisses pour contrer Apple et Samsung

L'enquête doit déterminer si plusieurs instituts financiers suisses se sont entendus pour ne pas soutenir les solutions de paiement mobile d'offreurs étrangers comme Apple Pay et Samsung Pay.

L'enquête doit déterminer si plusieurs instituts financiers suisses se sont entendus pour ne pas soutenir les solutions de paiement mobile d'offreurs étrangers comme Apple Pay et Samsung Pay. - LLUIS GENE-AFP

La Commission de la concurrence (Comco) en Suisse a ouvert une enquête sur cinq organismes financiers. Elle les soupçonne de s'être entendus dans les paiements mobiles pour boycotter Apple Pay et Samsung Pay et favoriser une solution 100% suisse.

En Suisse, plusieurs banques et organismes financiers se seraient ligués contre l'irruption de Samsung et d'Apple dans les paiements mobiles sur internet. Une enquête de la Commission de la concurrence helvétique (Comco) vise les branches suisses d'UBS et de Credit Suisse, ainsi que PostFinance, le bras financier de la Poste helvétique, mais aussi les émetteurs de cartes Aduno Holding et Swisscard AECS. Des perquisitions ont été menées, a-t-elle précisé.

"L'enquête doit permettre de déterminer si plusieurs instituts financiers suisses se sont entendus pour ne pas soutenir les solutions de paiement mobile d'offreurs étrangers comme Apple Pay et Samsung Pay", a détaillé la Comco. Ils sont soupçonnés de s'être concertés pour empêcher que leurs cartes de crédit ne soient utilisées avec les systèmes Apple Pay et Samsung Pay afin de privilégier leur solution suisse, appelée Twint, a-t-elle détaillé.

Les banques suisses incriminées se défendent

"Nous sommes surpris par cette enquête et convaincus que les reproches se révéleront infondés", a réagi Credit Suisse. Par l'intermédiaire de sa société affiliée à 50% à Swisscard, la banque suisse propose déjà aux consommateurs l'accès à Apple Pay et à Samsung Pay, a-t-elle fait valoir.

"En outre, nous sommes en discussion avec d'autres prestataires comme Apple, Samsung et Google depuis plusieurs mois sur l'introduction de leurs solutions de paiement mobiles pour nos clients", a-t-elle ajouté.

La banque PostFinance s'est elle dit "convaincue de ne pas avoir enfreint la loi sur les cartels suisses", expliquant qu'elle collabore avec l'autorité de la concurrence pour faire "rapidement toute la lumière sur les faits".

Le mode de paiement numérique de Twin est le plus utilisé

Le système "helvétiquo-suisse" de paiement mobile privilégié par ces institutions a été créée en 2014 via la société Twin. Son porte-monnaie numérique permet de régler des achats en ligne, de payer aux caisses des supermarchés ou dans des boutiques à partir d'un smartphone ou encore de payer une place de stationnement. L'entreprise, qui revendique plus d'un million d'utilisateurs, appartient aux principales banques suisses, dont Crédit Suisse, UBS, PostFinance et deux banques cantonales. Il s'agit du service de paiement sans espèces le plus répandu en Suisse.

Ses locaux à Zurich ont également été perquisitionnés mardi 13 novembre. L'entreprise s'est dite "d'autant plus surprise" qu'elle n'a pas fait, elle-même, l'objet d'accusations. "Twint s'étonne de la démarche de la Comco", a-t-elle déclaré, soulignant également qu'elle avait, de son côté, demandé il y a quelque temps à la Comco d'enquêter sur "le comportement discriminatoire d'Apple" à son égard. "Apple empêche l'utilisation correcte de l'application Twint sur les appareils IOS", a affirmé l'entreprise suisse pour contre-attaquer. Une décision de la Comco à ce sujet est attendue prochainement.

F.Bergé avec AFP