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Google, Intel et Qualcomm pourraient se faire blacklister par la Chine

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- - Nicolas Asfouri - AFP

Pékin a indiqué jeudi qu'elle donnera "bientôt" des détails sur sa liste noire d'entreprises étrangères "non fiables". Elle visera les entreprises, organisations ou particuliers qui ne respectent par leurs engagements en cessant d'approvisionner des entreprises chinoises.

De nombreuses entreprises chinoises sont indésirables aux Etats-Unis. La plus connue est Huawei qui, au nom de la sécurité nationale, est en tête des entreprises soupçonnées d'espionnage. Une mesure vise même à interdire aux entreprises américaines de leur acheter des produits ou leur vendre des composants.

La Chine a décidé de répliquer en appliquant la stratégie du miroir, ou de la réciprocité. Pékin dresse à son tour une liste d'entreprises, mais aussi d'organisations ou d'individus qui ne respectent par leur contrat en cessant par exemple d'approvisionner des entreprises chinoises. Dans le collimateur les grandes entreprises de la tech, comme Google, Intel ou Qualcomm, qui ont annoncé qu'elles ne fourniront plus leurs technologies à Huawei. 

"Défendre les intérêts du pays et du peuple"

"Le gouvernement est en train de mettre en oeuvre les procédures nécessaires et des mesures spécifiques seront annoncées bientôt", a indiqué jeudi Gao Feng, un porte-parole du ministère chinois du Commerce. Selon lui, les entreprises qui respectent les lois du marché n'ont rien à craindre, et la liste ne visera aucun secteur d'activité ou compagnie en particulier.

Le système est "établi en réaction à des pratiques qui faussent le marché et qui poursuivent des buts non commerciaux", a indiqué Gao Feng lors d'une conférence de presse régulière. "L'objectif est de faire en sorte que le marché reste concurrentiel et équitable." 

Comment Pékin va sauver Huawei

En parallèle, tout est fait pour éviter à Huawei une catastrophe. Le groupe prépare une alternative à Android pour équiper ses smartphone. Concernant la 5G, il vient de signer un contrat avec le premier opérateur de Russie. En Chine, le gouvernement a octroyé les premières licences 5G aux quatre opérateurs nationaux (China Telecom, China Mobile, China Unicom et China Broadcasting Network) qui s'équiperont de toute évidence chez Huawei. 

La guerre commerciale bilatérale a repris de plus belle mi-mai, après le relèvement par le président américain Donald Trump de droits de douane sur des produits chinois représentant 200 milliards de dollars d'importations annuelles. "Si les Etats-Unis continuent obstinément à aggraver les frictions commerciales, la Chine prendra des mesures de représailles nécessaires et défendra fermement les intérêts du pays et du peuple", a mis en garde Gao Feng.

Pascal Samama avec AFP