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Face aux sanctions américaines, l'Iran menace

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zari

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zari - JOHN THYS / AFP

Après le durcissement des sanctions américaines, Téhéran prévient que les pays qui soutiennent cette "guerre commerciale" ne peuvent s'attendre à "rester en sécurité".

Face aux sanctions américaines, l'Iran hausse le ton. Lundi, son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif a dénoncé une "guerre économique contre le peuple iranien". Et prévenu qu'"on ne peut pas espérer (...) que ceux qui soutiennent cette guerre ou l'ont déclenchée restent en sécurité".

"Les nouvelles tensions dans la région sont le résultat de la guerre économique contre l'Iran dans laquelle (le président américain Donald) Trump lui-même dit être embarqué", a déclaré Mohammad Javad Zarif, à l'issue d'un entretien avec son homologue allemand Heiko Maas à Téhéran.

Secteur pétrolier visé

En mai 2018, Donald Trump a retiré unilatéralement son pays de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, rétablissant du même coup une panoplie de sanctions économiques contre l'Iran, visant tout particulièrement son secteur pétrolier.

Début mai, les Etats-Unis ont ainsi mis fin aux dérogations qu'ils accordaient à huit pays (Chine, Corée du Sud, Grèce, Inde, Italie, Japon, Taïwan et Turquie) pour continuer d'acheter du brut iranien sans violer les sanctions extraterritoriales américaines.

"Le seul moyen de faire baisser les tensions dans la région est de mettre un terme à cette guerre économique", a ajouté Mohammad Javad Zarif. "L'Allemagne et l'Union européenne peuvent jouer un rôle important pour faire baisser ces tensions, et nous les soutenons dans ce rôle", a-t-il poursuivi.

Accord sur le nucléaire

"Les tensions ici, dans cette région, sont inquiétantes et nous craignons qu'un événement isolé en entraîne d'autres qui finiront dans la violence et nous voulons empêcher cela à tout prix", a indiqué Heiko Maas. 

L'Allemagne a aussi invité Téhéran à respecter l'accord international sur le nucléaire et à "maintenir le dialogue avec l'Europe", qui a "déployé le maximum d'efforts pour remplir (ses) engagements".

Aux termes de ce texte, l'Iran avait accepté de limiter drastiquement son programme nucléaire, afin de garantir qu'il ne cherche pas à se doter de l'arme atomique, en échange de la levée d'une partie des sanctions économiques internationales asphyxiant son économie.