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Coronavirus: l'Arabie saoudite veut tripler la TVA et mettre fin aux allocations

Le gouvernement saoudien estime que Ryad pourrait perdre la moitié de ses recettes fiscales liées au pétrole, lesquelles assurent 70% de l'enveloppe totale

Le gouvernement saoudien estime que Ryad pourrait perdre la moitié de ses recettes fiscales liées au pétrole, lesquelles assurent 70% de l'enveloppe totale - FAYEZ NURELDINE / AFP

Premier exportateur de brut au monde, le royaume espère engranger 100 milliards de riyals (24,61 milliards d'euros) à la faveur de ces mesures d'austérité qui pourraient susciter un mécontentement dans l'opinion.

L'Arabie saoudite a annoncé lundi un plan d'austérité qui prévoit un triplement de la taxe sur la valeur ajoutée et la fin des allocations mensuelles à ses citoyens, en réaction à la chute historique du prix du pétrole et à la pandémie du nouveau coronavirus.

"Il a été décidé la fin du versement de l'allocation de vie chère à partir de juin 2020 et que la TVA passerait de 5% à 15% à compter du 1er juillet", a déclaré le ministre des Finances, Mohammed al-Jadaan, à l'agence officielle SPA.

Par ailleurs, le gouvernement "annule, étale ou reporte" les dépenses liées aux grands projets de développement destinés à moderniser l'économie et la rendre moins dépendante des exportations de pétrole, a-t-il ajouté.

Le ministre a affirmé que la décision avait été rendue nécessaire par la "baisse sans précédent" de la demande mondiale d'or noir et la "forte baisse des recettes pétrolières".

Il a également cité deux autres "chocs" pour l'économie saoudienne: le ralentissement de l'activité liée aux mesures de confinement et les dépenses publiques "non prévues" dans le secteur de la santé.

L'Arabie saoudite est le pays arabe du Golfe le plus touché par la pandémie, avec plus de 39.000 cas d'infection et 246 décès dus à la maladie, selon les derniers chiffres officiels.

Dans le sillage de l'annonce du ministre des Finances, le géant saoudien de l'énergie Aramco a annoncé une réduction de moitié à compter de ce lundi du prix de l'essence, dans un geste visant manifestement à contrebalancer les mesures d'austérité.

"Douloureuses et drastiques"

La semaine dernière, Mohammed al-Jadaan avait averti que des mesures "douloureuses" et "drastiques" pour le budget du pays seraient nécessaires.

Comme d'autres pays du Golfe, l'Arabie n'avait introduit une TVA qu'en date du 1er janvier 2018, en démarrant avec ce taux de 5%, sur fond de baisses des prix du pétrole depuis 2014.

Pour compenser la hausse du coût de la vie pour les moins favorisés, elle avait alors créé une allocation mensuelle de 1.000 riyals (près de 250 euros), qui représente des milliards de dollars de dépenses chaque année.

Le gouvernement saoudien estime que Ryad pourrait perdre la moitié de ses recettes fiscales liées au pétrole, lesquelles assurent 70% de l'enveloppe totale.

Alors que les premiers effets économiques de la pandémie de coronavirus se faisaient sentir en mars, l'Arabie saoudite s'était lancée dans une guerre des prix avec la Russie en augmentant sa production et en abaissant le coût de la livraison pour ses clients, dans l'espoir de préserver voire augmenter ses parts de marché. Cette stratégie risquée a divisé les cours du pétrole saoudien par trois environ depuis le début de l'année.

Le royaume prévoit d'emprunter près de 60 milliards de dollars sur l'année pour financer son déficit budgétaire. Après avoir longtemps été excédentaire, le budget de l'Etat a constamment été dans le rouge depuis 2014.

P.S. avec AFP