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Cette compagnie aérienne oblige une passagère à passer un test de grossesse avant d'embarquer

La compagnie HK Express, basée à Hong Kong, a été rachetée par Cathay Pacific en 2019.

La compagnie HK Express, basée à Hong Kong, a été rachetée par Cathay Pacific en 2019. - Compte Instagram HK_Express

La compagnie HK Express s'est excusée après avoir exigé d'une passagère japonaise qu'elle passe un test de grossesse avant un vol de Hong Kong vers une île du pacifique associée aux États-Unis. En cause, le fait que sur ce territoire, de plus en plus d'étrangères cherchent à accoucher afin que leur bébé devienne citoyen américain.

Si certaines compagnies aériennes se réservent le droit de refuser sur leurs vols une femme enceinte passé le 7ème mois de grossesse, la mésaventure qu'a vécu Midori Nishida, une jeune citoyenne japonaise (25 ans), est toute autre.

Alors qu'elle n'était pas enceinte et s'enregistrait sur un vol il y a quelques semaines pour rendre visite à ses parents sur Saipan, une île américaine du Pacifique, le personnel de la compagnie low cost Hong Kong Express Airways (rachetée par Cathay Pacific en 2019) lui a demandé de passer un test de grossesse avant d'embarquer, rapporte le Wall Street Journal.

À l'aéroport de Hong Kong, elle avait pourtant indiqué sur un questionnaire d'enregistrement qu'elle n'était pas enceinte. Cela n'a pas suffit à contenter le personnel de la compagnie aérienne: Midori Nishida fut escortée jusqu'à une salle de repos où on lui a remis une bandelette pour qu'elle urine dessus afin de réaliser le test. "Ce fut très humiliant et frustrant", a déclaré la passagère pour qui le test a été négatif ce qui lui a permis de monter à bord du vol, explique le quotidien américain.

Une destination pour le "tourisme de naissance"

Critiquée, la compagnie aérienne originaire de Hong Kong s'est excusée publiquement. Elle a aussi indiqué qu'elle avait suspendu cette pratique liée aux problèmes d'immigration sur l'île de Saipan où devait se rendre la passagère japonaise.

Cette île du Commonwealth américain des îles Mariannes du Nord est en effet devenue une destination de choix pour les femmes souhaitant accoucher sur le territoire américain, pour que leur enfant devienne éligible à la citoyenneté des Etats-Unis, grâce au "droit du sol".

En 2018, les touristes ont donné naissance à 582 bébés sur ces îles du Pacifique, tandis que seulement 492 sont nés de résidents permanents, selon les chiffres du Bureau de la santé et des statistiques de l'état civil de la Marianne du Nord, rapporte le média américain CNN.

Certes, il n'est pas interdit aux étrangères enceintes d'entrer aux États-Unis ou de donner naissance sur le territoire américain. Mais les autorités d'immigration peuvent refuser les visiteurs s'ils se trouvent mentir sur leur objectif réel de voyage, ou s'ils viennent aux États-Unis pour y subir une intervention médicale, comme un accouchement, mais sans justifier qu'ils ont les fonds nécessaires pour assumer ces frais médicaux.

Or, les compagnies aériennes sont tenues de reprendre à leur frais les passagers se voyant refuser l'entrée sur le territoire américain pour différentes raisons, ce qui les incitent à prendre des précautions à l'embarquement pour s'assurer de leur éligibilité à fouler le sol d'un territoire rattaché aux États-Unis.

Frédéric Bergé