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Brexit: un nouveau référendum pour sortir de l'impasse?

Un bulletin de vote, lors du référendum de 2016.

Un bulletin de vote, lors du référendum de 2016. - Paul Faith - AFP

Si l’hypothèse d’un brexit sans accord ne peut plus être écartée, une autre option est désormais envisagée: l'organisation d'un nouveau référendum. Un scénario que n'exclut même plus le très eurosceptique Nigel Farage.

Au lendemain du rejet massif de l’accord passé entre Londres et Bruxelles, un épais brouillard entoure l’avenir du Royaume-Uni, même si l’hypothèse d'un "No deal" -une sortie désordonnée de l’UE- a pris de l’épaisseur. L’État français, comme d’autres, a ainsi fait savoir ce mercredi qu’il accélérait les préparatifs pour parer à cette éventualité, et le Medef a appelé ses membres à se préparer "au pire scénario".

Malgré tout, certaines voix se sont faites entendre pour demander, ou du moins envisager -ce qui semblait impossible il y a encore quelques mois- la tenue d’un nouveau référendum.

Un nouveau référendum, "seule issue à ce chaos"?

Donald Tusk, le président du Conseil européen, qui représente les dirigeants des États membres, a ainsi suggéré que le Royaume-Uni renonce purement et simplement à sortir de l’UE. "Si un accord est impossible, et que personne ne veut qu'il n'y ait aucun accord, alors qui aura enfin le courage de dire quelle est la seule issue positive?", s'est-il publiquement interrogé. Côté anglais, l’ancien Premier ministre Tony Blair a une nouvelle fois souhaité l'organisation d'un nouveau référendum, "seule issue à ce chaos". En Écosse, la Première ministre Nicola Sturgeon a également appelé à un nouveau vote sur le Brexit. Un député conservateur, Dominic Grieve, a même déposé une proposition de loi en vue d'un nouveau référendum -condition nécessaire pour qu'il puisse être organisé.

L’idée a fait son chemin jusque dans les rangs des eurosceptiques les plus convaincus. "Je pense et je redoute que nous nous dirigions sur une voie menant à un report et, probablement oui, à un second vote", a ainsi déclaré Nigel Farage, l’ancien leader du UK Independance Party (Ukip).

La position ambiguë de Corbyn

Mais l’équation pouvant mener à cette option contient toujours plusieurs inconnues.

D’une part, la question posée aux électeurs britanniques. Pour ou contre un maintien dans l’UE? Pour ou contre l’accord négocié par le gouvernement avec Bruxelles?

D’autre part, la position du parti travailliste -qui espère accéder au pouvoir à court terme- reste quelque peu ambiguë sur la question. Pour l’instant, son leader, Jeremy Corbyn, ne veut pas entendre parler d’un deuxième référendum, préférant négocier un nouvel accord avec l’UE qui maintiendrait l’union douanière et garantirait les droits des travailleurs britanniques. Mais une grande partie de sa base, soutenue par les syndicats, pousse pour un abandon du Brexit. Pour le patron du Labour, il semble surtout urgent d’attendre avant de se prononcer définitivement.

Enfin, pour quel résultat? Les sondages les plus récents montrent un retournement de l’opinion en faveur d’un maintien dans l’UE, mais les écarts restent serrés… soit à peu près la même situation qu’avant le référendum de 2016.

Yann Duvert