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Michel Barnier: "la France a des choses à dire à la Commission, sans arrogance"

Michel Barnier était l'invité d'Hedwige Chevrillon, en direct depuis le Parlement de Strasbourg ce 2 juillet.

Michel Barnier était l'invité d'Hedwige Chevrillon, en direct depuis le Parlement de Strasbourg ce 2 juillet. - -

Le commissaire européen au marché intérieur et aux services, en direct de Strasbourg sur BFM Business ce 2 juillet, a dit espérer que la France conserve un rôle important au sein de la Commission.

Le nouveau Parlement européen s'est réuni pour la première fois, mardi 1er juillet, à Bruxelles. Les eurodéputés ont reconduit à la présidence de l'institution l'Allemand Martin Schultz. Dans deux semaines, ils devront valider ou non l'accession à la présidence de la Commission de l'ancien premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker. Au cœur d'une actualité européenne riche, le commissaire européen au marché intérieur et aux services, Michel Barnier, a livré sur BFM Business ce 2 juillet son analyse sur le nouveau visage de l'Union.

> Sur les conséquences du vote eurosceptique

Une centaine d'eurosceptiques a débarqué au Parlement après un vote-sanction aux européennes. Nommer deux figures de l'exécutif européen avant-élections, Martin Schultz et Jean-Claude Juncker, aux postes les plus prestigieux de l'Union, ne va-t-il pas accentuer le sentiment des citoyens européens de ne pas être entendus?

Michel Barnier ne le croit pas. "Il y a un progrès: les Européens ont entendu parler du président de la Commission, ils connaissaient les candidats de telles et telles formations politiques". Et selon lui "ce qui est important, ce ne sont pas les hommes et les femmes, mais leur politique".

Il se félicite à ce titre du "nouveau projet de relance de l'économie, de la confiance, de l'investissement industriel que la Commission devra proposer. Cela ne pouvait pas être possible en période d'instabilité". Or "nous avons rétabli cette stabilité financière, c'est maintenant le temps de lancer de grands programmes d'investissement"

> Sur la place de la France dans l'Union

La France peut-elle encore obtenir des postes importants à Bruxelles? "J'ai été nommé vice-président de la Commission européenne mardi par Jose Manuel Barroso", rappelle Michel Barnier. "J'espère qu'on conservera [ce poste, ndlr]".

Quant à une éventuelle nomination de Pierre Moscovici à un poste de commissaire européen, "je ne peux pas présumer des choix que fera Jean-Claude Juncker dès-lors qu'il sera président de la Commission, indique-t-il. Reste que "la France a des choses à dire à la Commission, sans arrogance, mais elle a une place à tenir, un rôle à jouer dans la construction européenne".

> Sur BNP Paribas et le traité Transatlantique

A propos de l'amende de plus de 8 milliards de dollars infligée à BNP Paribas aux Etats-Unis: "la sanction est très lourde, mais elle correspond à des faits très graves reconnus par les dirigeants de BNP eux-mêmes", estime le commissaire européen.

Cet évènement lui fait penser qu'il y "aurait sans doute un intérêt pour les Européens, s'agissant du respect de leurs règles et de la stabilité financière, de parler d'une seule voix". Il appelle ainsi à la réflexion "sur une action commune, peut-être une espèce de procureur européen, une autorité européenne qui puisse agir".

Dans le cadre des négociations sur une zone de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Europe, il précise d'ailleurs que les émissaires de l'Union ont "demandé aux Américains de mettre cette question de la cohérence et de l'équivalence de nos règles financières dans la négociation du traité transatlantique commercial. Il n'y aura pas d'efficacité d'un traité d'échange entre Américains et Européens sans cela".

N.G.