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Michel Barnier: "l'écotaxe est une idée juste qui tombe au mauvais moment"

Michel Barnier était l'invité de BFM Business, ce lundi 11 novembre.

Michel Barnier était l'invité de BFM Business, ce lundi 11 novembre. - -

Le commissaire européen au marché intérieur était l'invité, ce lundi 11 novembre, de BFM Business. Il est notamment revenu sur l'actualité économique française ainsi que sur le Budget 2014 sur lequel la Commission rendra son verdict le 15 novembre.

Semaine de vérité pour le Budget 2014. Un collectif budgétaire se tiendra, mercredi 13 novembre et, vendredi 15 novembre, Bruxelles rendra son verdict sur les prévisions du projet de loi de Finances pour 2014.

Invité de BFM Business ce lundi 11 novembre, le commissaire européen au marché intérieur, Michel Barnier n'a pas voulu révéler avant l'heure ce que son collègue Olli Rehn annoncera vendredi.

Néanmoins, il a tenu à souligner que "la trajectoire de réduction du déficit est respectée. Un autre bon point est que nous trouvons plausible les prévisions de croissance de la France". Il a à ce titre salué la création du Haut Conseil aux Finances publiques, "une bonne innovation", selon lui.

Il a aussi jugé que l'effort de réduction du déficit structurel est "réaliste". "Nous observons aussi que l'effort va pour une fois porter sur le ralentissement du rythme de la hausse des dépenses, et non sur la fiscalité", a-t-il ajouté, avant de toutefois rappeler que "nous sommes sur la ligne rouge en termes d'impôts, ce qui s'exprime d'ailleurs actuellement".

L'écotaxe "tombe mal"

Le commissaire européen fait alors implicitement référence à l'écotaxe. Interrogé ensuite sur la pertinence de ce dispositif, Michel Barnier a considéré que l'écotaxe est une idée juste qui tombe au mauvais moment".

"Elle correspond à une baisse des dépenses d'investissement du ministère des Transports, qui subventionne moins les routes. En conséquence, on fait payer les usagers pour financer les équipements publics, dont la Bretagne, comme d'autres régions de France, ont besoin pour leur désenclavement. Mais visiblement, elle tombe mal.Je pense juste de l'avoir suspendu".

"Le moment pour les politiques français n'est pas d'être arrogant"

Michel Barnier est ensuite revenu sur la dégradation de la France par l'agence de notation S&P, qui a abaissé sa note de crédit de AA+ à AA. Il a alors quelque peu répondu à Arnaud Montebourg, qui affirmait, vendredi 8 novembre, que "les agences n'ont aucune crédibilité".

"Nous avons tiré les leçons des faiblesses des agences de notation", avec trois lois européennes, a-t-il argué. "Contrairement à ce que dit tel ou tel ministre, le thermomètre fonctionne correctement. Le moment pour les politiques français n'est pas d'être arrogant mais d'être courageux et de faire les réformes", a affirmé Michel Barnier.

De plus, "ce n'est pas le thermomètre qui provoque la fièvre", a-t-il fait valoir. Et de conclure qu"il y a des leçons à tirer des observations" des agences de notations.

J.M.