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Marseille: l'opération "port mort" bloque marchandises et passagers 

Blocage du port de Marseille, le 14 janvier 2020

Blocage du port de Marseille, le 14 janvier 2020 - GERARD JULIEN / AFP

Un millier de passagers à destination d'Alger n'ont pas pu monter à bord de leur ferry mercredi à Marseille. Depuis le 10 janvier, les dockers CGT et marins de La Méridionnale bloquent par intermittence le port de la citée phocéenne.

Marchandises et passagers devront rester à quai. Opposés à la réforme des retraites, les dockers CGT et travailleurs de la réparation navale du port de Marseille bloquent par intermittence les navires depuis le 10 janvier. 

Mercredi, le bateau qui devait partir à 12h00 à destination d'Alger a été annulé bloquant près de 450 véhicules et plus de 900 passagers. Selon les autorités du port de Marseille, le navire partira au plus tôt samedi. La police est intervenue mercredi pour fluidifier la circulation. Un autre bateau de la compagnie qui devait partir ce jeudi à 12h00 pour Skikda en Algérie a aussi été annulé et reprogrammé vendredi.

Conflit entre les compagnies La Méridionale et Corsica Linea 

Les marins de l'intersyndicale STC-CFTC de La Méridionale, qui protestent eux contre l'éviction actuelle de leur compagnie les dessertes entre le continent et la Corse dans le cadre de la délégation de service public (DSP) paralysent depuis lundi les navires de la Corsica Linea sur le port de Marseille. 

Dans le cadre de la DSP précédente, qui courait jusqu'à la fin 2019, les compagnies La Méridionale et Corsica Linea se partageaient les cinq dessertes entre Marseille et les ports corses d'Ajaccio, Bastia, L'Île Rousse, Porto-Vecchio et Propriano.

Face à l'ampleur du mouvement, la plupart des départs de navires depuis Marseille vers la Corse mais aussi à destination du Maghreb ont été annulés cette semaine. Après avoir supprimé ses quatre traversées vers la Corse lundi et mardi, Corsica Linea a précisé le 14 janvier que tous ses départs vers l'île de beauté étaient annulés jusqu'à vendredi.

Un impact économique important pour le port

Le Grand Port Maritime de Marseille se refuse à tout commentaire sur l'impact de ces conflits sociaux sur le trafic de passagers ou de fret. 

"Tous les acteurs économiques à l’import ont quasi l’obligation d’aller chercher leurs containers sur les ports de Barcelone et Gênes avec un surcoût par container approximatif de 1200 euros par rapport aux tarifs habituels", expliquait Philippe Texier, gérant de MCP, une entreprise de transports à Marseille à BFMTV, ajoutant que deux conducteurs de son entreprise de 42 salariés venaient de démissionner faute de travail. 

Bénédicte Andonian, directrice commerciale de Technotrans à Marseille estime à 56 millions d'euros, les surcoûts pour les entreprises de transports pour le seul mois de décembre. 

"Pour le mois de janvier, nous prévoyons le double. Ces surcoûts se répercuteront sur le prix des marchandises pour les consommateurs", confiait-elle à BFMTV. 
Romane Ganneval avec AFP