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Mario Monti tacle la France pour son déficit

Mario Monti a adressé une critique à peine voilée à la France, jeudi 28 février.

Mario Monti a adressé une critique à peine voilée à la France, jeudi 28 février. - -

Lors d'un forum organisé par la Commission européenne, jeudi 28 février, le chef sortant du gouvernement italien a critiqué l’attitude de la France à propos de la réduction de son déficit. Il a également effectué un début de mea-culpa sur sa responsabilité électorale.

Mario Monti a-t-il la défaite amère? Depuis Bruxelles, le encore chef du gouvernement italien a critiqué, jeudi 28 février, les exécutifs européens qui cherchent à gagner du temps en reportant leurs objectifs de réduction des déficits publics.

"Nous n'avons pas cédé à la tendance récente consistant à demander le report d'un an de certains objectifs, comme la réduction des déficits", a-t-il déclaré lors d'un forum sur la concurrence organisé par la Commission européenne. "Lorsque j'ai pris mes fonctions, je n'ai pas envisagé de demander un arrangement pour reporter à 2014" les objectifs de réduction du déficit public italien, "malgré des conditions très, très difficiles", a-t-il souligné.

Monti reconnaît "un énorme problème de visibilité"

"Je ne blâme personne, ni au niveau de l'Union européenne ni parmi les Etats membres, mais il est évident que la crédibilité de la politique menée dans un pays peut souffrir si d'autres demandent des reports et les obtiennent", a-t-il conclu, dans une critique à peine voilée adressée à l'Espagne, au Portugal, à la France ou encore aux Pays-Bas. Pour rappel, la France devrait obtenir un report à 2014 de ses objectifs de réduction du déficit public à 3% du PIB.

Même si son faible score aux récentes élections a été unanimement interprété comme un rejet de sa politique d'austérité, Mario Monti soutient qu'"il n'y avait pas d'autre choix que de mettre en place une stratégie énergique de réduction des déficits en même temps que des réformes structurelles".

Il a tout de même reconnu "un énorme problème de visibilité de la justesse de la bonne politique". "Si la vertu n'apporte pas de gains visibles, elle risque d'être de courte durée", a-t-il déploré.

Le dirigeant italien, qui a passé auparavant 10 ans à Bruxelles en tant que commissaire européen, a été longuement applaudi au terme de son allocution.

Y.D.