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Mario Draghi a bien le pouvoir de faire baisser l'euro

Mario Draghi estime que la faiblesse de l'économie européenne va encore durer quelques mois

Mario Draghi estime que la faiblesse de l'économie européenne va encore durer quelques mois - -

Les propos très prudents du président de la Banque centrale européenne ont fait baisser la monnaie unique, qui évolue autour des 1,34 dollar, ce vendredi 8 janvier. Une baisse qui vient un peu calmer la montée en flèche de la devise européenne.

Qu’il l’ait voulu ou non, le discours prononcé hier par Mario Draghi a réussi à calmer la hausse de l’euro. Ce vendredi 8 janvier, la devise européenne évoluait à 1,34 dollars vers 9h30 contre un peu plus de 1,35 dollars, hier, à la même heure.

Cette baisse de la monnaie unique met fin à une hausse quasi-continue de l’euro, qui est passé de 1,30 dollars début janvier à 1,37 dollars la semaine dernière, soit une appréciation de plus de 5%.

Cette accalmie trouve bien son origine dans les propos du président de la Banque centrale européenne (BCE), prononcés jeudi, lors de la conférence mensuelle de l’institution européenne.

En premier lieu, Mario Draghi a tenu hier un discours très prudent.Il a ainsi expliqué que "la faiblesse de l'économie de la zone euro devrait continuer de prévaloir au début de l'année 2013". Alors qu’auparavant il indiquait clairement que le rebond de l’économie européenne devrait survenir au second semestre, hier, il s’est contenté de dire que la reprise arrivera "plus tard", sans donner plus de précision.

Il "n'a jamais semblé, de mémoire récente, aussi mesuré dans ses commentaires", fait remarquer Christopher Vecchio de DailyFX, cité par l’AFP. Ce dernier estime ainsi que le patron de la BCE "fait monter la spéculation sur une éventuelle baisse du taux directeur de la BCE au-dessous de 0,75% dans les prochains mois". Une initiative qui aurait pour effet de tirer vers le bas la monnaie unique.

La BCE attentive sur l'euro

Deuxièmement, Mario Draghi a laissé entendre que la BCE pourrait passer à l’action si l’euro augmente trop. S’il a déclaré que la hausse de la monnaie européenne "est un signe du retour de la confiance", il a également indiqué que la BCE surveillera attentivement son évolution et son implication sur la stabilité des prix.

Il a ensuite assuré que, si les politiques monétaires des pays hors zone euro ont des conséquences sur les taux de change qui "ne reflètent pas le consensus du G20", "nous devrons en discuter".

Des propos que Jennifer McKeown et John Higgins, économistes chez Capital Economics, tempèrent : "il est possible que ces déclarations avaient pour but d'apaiser ceux qui réclament plus d’action de la part de la BCE pour empêcher la hausse de l’euro".Ces deux économistes prévoient un euro à 1,25 dollar pour fin 2013.

Julien Marion (texte) et Perrine Baglan et Kelly Laffin (sujet vidéo)