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Malgré les tensions sociales et les doutes sur la croissance, le moral des décideurs au beau fixe

Le nouveau baromètre des décideurs Viavoice - HEC - Le Figaro - BFM Business met en exergue le fait que malgré un début d'année 2019 marqué par la crise des "gilets jaunes" et les incertitudes quant à la pérennité de la croissance tricolore, le moral des décideurs n'a pas fléchi. C'est même tout l'inverse.

On aurait pu penser que les différents mouvements sociaux et la crainte de voir la guerre commerciale se traduire par une récession n'entravent le moral économique des décideurs français. Il n'en est rien. Dans une étude réalisée de concert avec HEC Paris, Le Figaro et BFM Business, l'Institut d'études et de conseils stratégiques Vivavoice révèle ce lundi 23 septembre que, malgré les incertitudes conjoncturelles, les décideurs se trouvent de nouveau dans une "dynamique positive".

Le document souligne que le moral des 400 décideurs interrogés (représentatifs de la population des cadres dirigeants résidant en France métropolitaine) se redresse indéniablement. "La progression est massive: l’indice synthétique du 'Moral des décideurs' s’établit désormais à 12, en progression de 3 points depuis juillet et de près de 10 points depuis septembre 2018", pointe le baromètre. Une tendance qui déjoue tous les scénarios de regain des inquiétudes.

Merci l'emploi

De fait, l'amélioration de leur moral découle d'abord d'anticipations optimistes quant au marché de l'emploi dans les mois à venir. "35% des décideurs anticipent une diminution du nombre de demandeurs d’emploi au cours de l’année qui vient, soit une progression de 4 points par rapport aux données recueillies en juillet, et de 15 points par rapport à celles de septembre 2018", précise la nouvelle livraison du baromètre.

Un point de vue que "26% des Français partagent", poursuit l'étude. Ce qui, là encore, constitue une heureuse nouvelle dans la mesure où cette proportion a progressé de 11 points par rapport à septembre 2018.

Le pouvoir d'achat toujours en question

La seule ombre au tableau concerne le pouvoir d'achat. Malgré les mesures annoncées en décembre et en avril dernier par le chef de l'Etat (estimées à 17 milliards d'euros) pour relancer le pouvoir d'achat des ménages français, cette question demeure épineuse en cette rentrée 2019.

Le baromètre précise qu'aujourd’hui, "seuls 16% des Français et 26% des décideurs estiment que le niveau de vie 's’améliorera d’ici un an…'. En conséquence, comme en 2018, la première attente en cette rentrée reste celle liée au pouvoir d’achat des ménages, une priorité pour 44% des décideurs et 50% des Français".

Pour expliquer cette "impatience", le baromètre pointe trois facteurs. D'abord, la méconnaissance des réformes annoncées par l'exécutif, ensuite, la "progression des dépenses contraintes qui corrigent les améliorations". Enfin, "la défiance politique qui conduit à nourrir des perceptions négatives envers les actions engagées".

Ainsi, il apparaît, au regard des éléments de cette étude, que ce sur quoi l'exécutif doit aujourd'hui en priorité œuvrer (ou continuer de travailler du moins) concerne avant toutes choses le pouvoir d'achat des ménages, ainsi que la fiscalité qui pèse sur les entreprises. Ces deux éléments, combinés à l'alourdissement de la dette publique et des déficits, ainsi qu'à une réduction du nombre de fonctionnaires, constituent un "mur d'opinion au titre duquel les carences financières, partout béantes, n’appellent de la part des Français aucune solution acceptable", conclut le document .

Julie Cohen-Heurton