BFM Business

Mailly : « Des milliards pour les banques, rien pour les salariés »

-

- - -

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, a fustigé l’attitude du gouvernement et sa politique économique en temps de crise.

Invité lundi 6 octobre, le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly s'est plaint de voir le gouvernement sauver les banques et délaisser les salariés : « On voit très bien que, quand le système est attaqué dans son cœur, qui est la finance, eh bien là, tout le monde, les gouvernements et les institutions financières, n'hésite pas à trouver des milliards pour sauver les banques, même si sauver les banques, ça a une incidence sur l'économie. Mais, en contrepartie, il faut aussi prendre des mesures de relance et de soutien à la consommation. Or, pour le moment il n'y a rien. »

« Regardez le budget 2009 de la France : c'est le même budget qu'avant la dernière période de crise. Il faut aussi soutenir l'activité et la consommation. Quand ça marche bien, on nous dit "On ne peut pas répondre à vos revendications, il n'y a pas de sous dans les caisses." Et quand il y a la crise, du côté bancaire on trouve les solutions mais on ne change rien pour les salariés. Il y a quand même un problème ! »

« On savait tous très bien que la situation était sérieuse sur le plan économique et financier depuis des mois, depuis quasiment un an. Quand on nous disait "La croissance sera toujours à 2,5 ou 2,7", il n'y a plus que le gouvernement qui y croyait. Il ne faut pas être dupe de ce genre de choses. C'est comme aujourd'hui, on hésite encore à utiliser le terme de récession, ils vont bientôt nous dire "On n'est pas en marche arrière, on est en marche avant inversée." Il faut employer les bons mots : il y a une récession en France, comme ailleurs, aujourd'hui. »

« Il ne faut pas se contenter d'aider les banques à ne pas se casser la figure, il faut aussi aider les petites entreprises, mais qu'est-ce qu'on fait pour soutenir la consommation ? C'est l'un des éléments clés de l'activité économique. Ça peut passer par des aides à la négociation salariale, ça peut passer par des conditions plus strictes pour les entreprises quand elles bénéficient d'aides, ça peut passer par la mise en place de la prime transports... Pour le moment le gouvernement ne dit rien. Il met tout le paquet sur les banques et les entreprises, mais du côté des salariés il faut toujours attendre. On voit bien que, quand il y a le feu, on sait prendre des dispositions. Je demande aussi à ce que des dispositions soient prises pour soutenir la consommation. »

La rédaction