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Macron dramatise les enjeux européens

Emmanuel Macron à l'Elysée le 29 octobre

Emmanuel Macron à l'Elysée le 29 octobre - MICHEL EULER / POOL / AFP

La mise en garde d'Emmanuel Macron : dans un entretien à Ouest-France, le chef de l'Etat fait un parallèle entre la situation actuelle en Europe et celle des années 1930 et plaide pour une Europe plus multilatérale.

Emmanuel Macron se dit « frappé », dans un entretien à Ouest-France publié mercredi 31 octobre au soir, « par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l’entre-deux-guerres ». « Dans une Europe qui est divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique, on voit presque méthodiquement se réarticuler tout ce qui a rythmé la vie de l’Europe de l’après-première guerre mondiale à la crise de 1929, analyse le président de la République. Il faut l’avoir en tête, être lucide, savoir comment on y résiste », en « portant la vigueur démocratique et républicaine. »

« Essayer de comprendre les leçons de cette Histoire » 

À partir de dimanche, Emmanuel Macron s'apprête à célébrer le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale. Il se rendra pendant une semaine sur plusieurs lieux de bataille dans le Grand Est et les Hauts-de-France. Le 11 novembre aura lieu la traditionnelle cérémonie à l'Arc de Triomphe, en présence d'une centaine de dirigeants du monde entier, suivi du premier Forum de la Paix à La Villette. Le chef de l’État veut ainsi « rendre hommage et essayer de comprendre les leçons de cette Histoire. C'est un message de célébration, de mémoire et d'avenir » .

Une Europe « plus souveraine et plus multilatérale »

Mais Emmanuel Macron souhaite aussi promouvoir, à cette occasion, une Europe « plus souveraine et plus multilatérale ». « L’Europe est face à un risque », met en garde le chef de l’État. « Celui de se démembrer par la lèpre nationaliste et d’être bousculée par des puissances extérieures. Et donc de perdre sa souveraineté. C'est-à-dire d'avoir sa sécurité qui dépende des choix américains et de ses changements, d'avoir une Chine de plus en plus présente sur les infrastructures essentielles, une Russie qui parfois est tentée par la manipulation, des grands intérêts financiers et des marchés qui dépassent parfois la place que les États peuvent prendre".

Un partenaire allemand incertain

Depuis plusieurs mois, en vue des élections européennes, le président de la République cherche donc à rassembler les forces progressistes au sein de l’Union, pour contrer la vague populiste qui freine ses projets de réformes. Mais il doit désormais compter avec un partenaire allemand affaibli. Après une série de revers électoraux, en Bavière, puis en Hesse, la chancelière allemande Angela Merkel a en effet annoncé lundi qu'elle prendrait sa retraite politique à la fin de son mandat en 2021 et qu'elle ne rempilerait pas à la tête de la CDU le mois prochain. Pour autant, le chef de l'État entend donner « un nouveau tour » à la relation franco-allemande : il se rendra le 18 novembre à Berlin pour prononcer un discours au Bundestag et prévoit de signer un nouveau traité de l'Élysée en janvier prochain. Malgré un contexte compliqué, Emmanuel Macron compte toujours sur le moteur franco-allemand pour renforcer la construction européenne.

La rédaction avec AFP