BFM Business

Les syndicats de routiers reçus ce jeudi au ministère des Transports

Les routiers sont appelés à la grève à partir de dimanche soir.

Les routiers sont appelés à la grève à partir de dimanche soir. - Thierry Zoccolan - AFP

Les professionnels du secteur sont appelés à la grève à partir de dimanche.

Une réunion aura lieu jeudi au ministère des Transports entre les syndicats CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC du transport routier et la ministre des Transports Élisabeth Borne, alors que la CGT et FO ont appelé les routiers à une grève à partir de dimanche.

Les deux syndicats dénoncent une récente décision du Conseil d'État qui a annulé les dispositions d'un décret de 2016 fixant des majorations de 25% et 50% aux heures supplémentaires des chauffeurs routiers. Ils avaient réclamé mardi "une réunion en urgence" au ministère des Transports.

La CGT et FO ont aussi appelé les routiers à défendre le pouvoir d'achat, qualifiant de "miettes" les mesures annoncées mardi par le Premier ministre Édouard Philippe à l'attention des "gilets jaunes".

Depuis le 20 novembre, FO transports, troisième organisation du secteur, soutient le mouvement des "gilets jaunes".

Un "malentendu", selon Elisabeth Borne

Elisabeth Borne a déclaré de son côté sur Radio Classique qu'il n'y avait "aucun problème pour revoir les syndicats et leur réexpliquer" le dossier des heures supplémentaires. "Je dis clairement, soit c'est un malentendu et on va réexpliquer, soit c'est un mauvais prétexte, et moi je ne peux que le dénoncer", a-t-elle ajouté.

"Les deux syndicats croient ou semblent croire qu'il y a une remise en cause du taux des heures supplémentaires dans le transport routier. Je le dis très clairement, le taux des heures supplémentaires n'est pas remis en cause. Un décret qui avait été pris par la précédente majorité a été annulé. Il posait des problèmes juridiques, donc ce n'est pas une surprise", a-t-elle dit.

Lorsqu'il avait été adopté en 2016, ce décret offrait une dérogation aux routiers alors que la loi El Khomri permettait une majoration de seulement 10% des heures supplémentaires par accord d'entreprise. Il avait été obtenu après une mobilisation de la profession le printemps précédent, avec blocages de routes ou de ponts.

Réfutant les assurances du ministère des Transports, qui répète depuis lundi que l'annulation de ce décret "ne change rien en pratique", la CGT et FO s'étaient dits mardi "persuadés que depuis la décision du Conseil d'État, le verrou des heures supplémentaires majorées a sauté pour le transport routier de marchandises".

Mardi soir, le ministère des Transports avait estimé que ces deux syndicats prenaient "un mauvais prétexte pour lancer un appel à une grève qui n'a aucune raison d'être".

Y.D. avec AFP