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Les programmes immobiliers de Marine Le Pen et Emmanuel Macron passés au crible

Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont les deux candidats du deuxième tour.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont les deux candidats du deuxième tour. - Lionel Bonaventure - AFP

Si les deux finalistes de l'élection présidentielle prônent tous deux le maintien du prêt taux zéro et la reconduction du dispositif Pinel, ils divergent sur les propositions nouvelles.

Que prônent Marine Le Pen et Emmanuel Macron pour améliorer les conditions de logement des Français, dynamiser le marché de l'immobilier et, le cas échéant, favoriser l'accès à la propriété?

Sur les mesures aujourd'hui en vigueur, les finalistes de l'élection présidentielle ne divergent pas vraiment. Marine Le Pen défend le maintien du PTZ et la reconduction du dispositif Pinel. Emmanuel Macron refuse, lui, de les stopper brutalement, estimant qu'ils sont indispensables pour le moment. Le conseiller logement du candidat d'En Marche! juge qu'il ne faut "pas jouer avec la stabilité de ces dispositifs".

Sur l'encadrement des loyers, la candidate du Front national n'est pas très claire. Elle trouve que ce dispositif a de bons effets mais est contraire aux principes de liberté. Emmanuel Macron juge, lui, ses effets contre-productifs. Il refuse de l'étendre avant d'évaluer d'abord ses effets concrets à Paris et maintenant à Lille. De fait, si la loi n'est pas modifiée l'encadrement des loyers est voué à s'étendre.

Les nouvelles propositions de Marine Le Pen

Concernant les propositions nouvelles, la candidate du Front national veut d'abord réserver l’attribution des logements sociaux aux Français sans effet rétroactif.

Pour les jeunes, elle veut revaloriser de 25% les APL jusqu'à 27 ans dès la première année de son quinquennat. La candidate veut aussi construire massivement des logements pour les étudiants sans donner plus de détails.

Pour favoriser l'accès à la propriété, Marine Le Pen propose un dispositif d’aide pour les locataires souhaitant devenir propriétaires de leur logement HLM. L'objectif est de parvenir à 1% du parc des logements sociaux chaque année.

Marine Le Pen souhaite enfin une réduction des droits de mutation de 10%.

Les nouvelles propositions d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, lui, prône la création d'un bail mobilité professionnelle. Un contrat de location d’une durée de 3 mois à un an, destiné aux actifs en mobilité professionnelle (CDD, intérim, formation…) qui sera accessible dans certaines zones tendues.

Mais les propositions du candidat d'En Marche! qui ont fait le plus de bruit concernent évidemment l'ISF et la taxe d'habitation. Sur l’ISF, le candidat veut le limiter aux actifs immobiliers. L'ISF devient un "Impôt sur la Fortune Immobilière", sans modification par rapport à aujourd'hui. C'est-à-dire qu'un particulier continuera à payer l'ISF si la valeur de son patrimoine excède 1,3 million d’euros et bénéficiera toujours de l'abattement de 30% sur la valeur de sa résidence principale.

Sur la taxe d'habitation, Emmanuel Macron veut exonérer 80% des Français dès 2019. Le coût estimé de la mesure est de 10 milliards d'euros que le candidat promet de rembourser intégralement aux collectivités. Les Français concernés sont les contribuables dont les revenus sont inférieurs à 20.000 euros par an par part fiscale.

La fausse rumeur de "la taxe sur les loyers fictifs"

Pendant plusieurs mois, Emmanuel Macron a été victime d'une fausse information. La rumeur affirmait que le candidat prévoyait de faire payer un loyer aux propriétaires. Cette idée a les faveurs de nombreux économistes de gauche, pas celles d'Emmanuel Macron qui a toujours nié. Selon Les Décodeurs, Emmanuel Macron a été victime d'un amalgame. Ce dispositif fait partie des propositions du think tank France Stratégie dirigé par Jean Pisani-Ferry, responsable du programme d'économique du mouvement En Marche.

La "taxation des loyers implicites" est l'idée d'ajouter un revenu fictif aux propriétaires, correspondant au montant des loyers qu'ils paieraient pour occuper leur logement. Et de fiscaliser ce revenu. Cette "taxe" a d'ailleurs déjà existé en France, de 1914 à 1964, jusqu'à ce que Valéry Giscard d’Estaing l'abroge 1965.

D. L.

Marie Coeurderoy