BFM Business

Les Français ne voient pas la mondialisation d'un bon œil et réclament plus de régulation

Six Français sur dix ont une mauvaise opinion de la mondialisation.

Six Français sur dix ont une mauvaise opinion de la mondialisation. - Frank Perry / AFP

Pour les Français, la mondialisation génère plus d'effets négatifs que positifs. Ils veulent davantage de règles sur les échanges commerciaux.

Alors que Donald Trump a lancé ses premières mesures protectionnistes et qu’une guerre commerciale menace, il n'est pas certain que le discours des autres puissances sur le bien-fondé du libre-échange convainc les Français. Six sur dix ont une mauvaise opinion de la mondialisation, d’après un sondage* Opinion Way pour le Printemps de l’Economie qui s’ouvre ce jeudi. Les plus âgés sont les plus sévères, notamment les plus de 50 ans (71% ont une mauvaise opinion) et les plus de 65 ans (66%).

Pour une majorité de Français (56%), les règles de la mondialisation sont d’abord fixées par les multinationales, devant les Etats (40%), les banques (31%) et les institutions comme l’OMC (25%). Surtout, les citoyens n’auraient pas leur mot à dire. Là-aussi, les seniors de 65 ans et plus font preuve de davantage de sévérité que les plus jeunes, les moins de 35 ans estimant que le pouvoir est un plus partagé entre les entreprises et les Etats.

Deux tiers des Français favorables à plus de régulation

L’impact positif de la mondialisation est très limité à en croire les interrogés. L’innovation technologique est le seul élément sur lequel une large majorité (71%) d’entre eux s’accorde pour dire qu’elle a profité du phénomène.

En revanche, la liste des victimes de la mondialisation est beaucoup plus long. Près d’un Français sur deux pense qu’elle a un impact négatif sur la croissance, même si les moins de 35 ans sont plus optimistes sur la question. Ils sont une majorité franche à considérer qu’elle nuit à l’environnement (55%), le pouvoir d’achat (58%) et surtout sur l’emploi (64%) et les salaires (65%). Concernant ce dernier, les femmes sont moins radicales que les hommes.

Puisque pour eux la mondialisation est néfaste, deux tiers des Français sont pour imposer des normes plus strictes sur les produits entrants et sortants. Une opinion à rebours des ambitions des dirigeants européens avec la signature du Ceta, l'accord de libre-échange avec le Canada, et le projet de Tafta, l'accord avec les Etats-Unis, mis de côté depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump. D'ailleurs ces projets ne devraient pas avoir beaucoup d'adhésion chez les Français, puisque seulement 13% sont favorables à supprimer davantage les obstacles pour faciliter les échanges commerciaux.

Sept Français sur dix pessimistes sur l'avenir des générations futures

La mondialisation peut-elle s'améliorer à l'avenir? Pas vraiment à en croire les interrogés. Seul un tiers pense que la mondialisation favorisera la paix dans le monde et un quart qu'elle va permettre de réduire les inégalité, alors qu'ils sont 60% à dire que la lutte contre le changement climatique est incompatible avec la poursuite de la mondialisation. Résultat, sept Français sur dix sont pessimistes sur l'avenir des prochaines générations dans ce monde globalisé.

*Sondage réalisé à partir d’un échantillon de 1002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées du 14 au 16 février 2018, soit avant que Donald Trump n'annonce ses mesures protectionnistes.

J.-C.C.