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Les élections italiennes font faire le yo-yo aux marchés

Paris a, de son côté, cloturé sur une légère hausse de 0,41%

Paris a, de son côté, cloturé sur une légère hausse de 0,41% - -

Les estimations des résultats des élections italiennes, qui ont filtré tout au long de ce lundi 25 janvier, ont chahuté les cours de la Bourse de Milan. Philippe Bordereau, directeur de la recherche crédit Europe chez Pimco, explique sur BFM Business que les investisseurs craignent " l’épouvantail Berlusconi".

Les élections législatives italiennes ont donné le tempo à la Bourse de Milan, ce lundi 25 janvier. Celle-ci a finalement clôturé en hausse de 0,73% après avoir connu un bond de près de 4% tout juste après la publication des premiers sondages, vers 15h30. Elle était ensuite passée dans le rouge vers 16h15. Le CAC40 termine lui à +0,41% après avoir connu une hausse de plus de 2%.

La dette italienne a elle aussi joué les montagnes russes. Les obligations à 10 ans italiennes s’échangeaient à 4,42% en fin de séance, en baisse d’un tout petit point de base par rapport à vendredi. Un peu plus tôt, en début d'après-midi, les taux avaient chuté de plus de vingt points. Autrement dit, la confiance des investisseurs vis-à-vis de la solidité financière du pays est passée d'un extrême à un autre.

Mais toutes ces variations des marchés se calquaient sur les différentes estimations des résultats des élections, qui ont filtré tout au long de la journée.

Ainsi, les premières projections qui donnaient le centre-gauche de Pierluigi Bersani, largement gagnant, ont dopé les marchés, dessinant le scénario idéal pour les investisseurs. L’enthousiasme est ensuite retombé, après la publication d’autres estimations montrant une percée du centre-droit de Silvio Berlusconi au Sénat.

L'épouvantail Berlusconi

Philippe Bordereau, directeur de la recherche crédit Europe chez Pimco, a fourni une explication à ces mouvements dans l’émission Intégrale Bourse de ce lundi 25 février. Pour lui, le retour de "l’épouvantail Berlusconi" constitue un risque majeur pour les investisseurs. "Sa seule présence suffit à effrayer les marché", a-t-il commenté.

Peu avant la clôture des marchés, les dernières projections donnaient toutefois le centre-gauche gagnant dans les deux chambres des pays : le Sénat et la Chambre des députés mais avec une avance modeste sur Silvio Berlusconi.

"Super Mario" perd de sa superbe

Ce qui toutefois n’écarte pas le second risque pointé par Philippe Bordereau, qui pourrait bien se concrétiser : le blocage au Parlement et l’absence "d’une coalition forte" pour Pierluigi Bersani. L’alliance que celui-ci peut nouer avec le président du Conseil sortant Mario Monti reste fragile. D’après les sondages publiés vers 17H, ce dernier aurait obtenu moins de 10% des suffrages.

S'il avait remis le sérieux budgétaire au goût du jour, gagnant le titre de "chouchou des marchés", sa politique a eu un coût pour la péninsule italienne : une récession de 2,2% en 2012, qui selon les prévisions de la Commission européenne, se prolongera en 2013 (-1%).

Julien Marion