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Les députés ne veulent pas de propagande par internet aux élections

Le coût des élections en 2015 devrait augmenter de 130 millions à cause du vote des députés.

Le coût des élections en 2015 devrait augmenter de 130 millions à cause du vote des députés. - Joël Evrard-AFP

Comme BFM Business l'annonçait dès samedi, les députés ont rejeté, lundi soir, le projet gouvernemental de supprimer l'envoi de la propagande électorale par courrier au profit d'internet. Une mesure qui devait pourtant permettre d'économiser 130 millions d'euros en 2015.

Les députés, qui visiblement sont passionnés par le sujet, ont eu gain de cause. Comme BFM Business l'annonçait samedi, une majorité de parlementaires, de gauche comme de droite, a rejeté, lors du vote des crédits du ministère de l'Intérieur, lundi soir, la proposition du gouvernement de supprimer l'envoi de la propagande et autres prospectus électoraux par courrier au domicile des électeurs pour le remplacer par une simple mise en ligne. Le Sénat devrait également voter une telle suppression dans les prochaines semaines. 

Cantonales et régionales

La mesure devait s'appliquer dès 2015 pour les élections cantonales de mars et régionales de décembre ainsi qu'aux scrutins territoriaux en Guyane et en Martinique.

Elle devait, selon les chiffres contenus dans le projet de budget 2015, faire économiser l'an prochain 130 millions d'euros sur un coût total des élections de 236 millions (dont 92 millions pour les régionales et 85 pour les cantonales). 

Avec la mise en place de la dématérialisation, le coût d'organisation des élections cantonales était donc estimé par le ministère de l'Intérieur à 2,17 euros par électeur contre 3,11 euros en 2010, celui des régionales à 2,30 euros contre 3,75 euros à celles de 2011. 

Nouvelle tentative en 2017 ?

Mais lors de la récente audition à l'Assemblée de Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, Romain Colas, rapporteur PS des crédits du ministère, avait affirmé : "le redécoupage des circonscriptions cantonales et la réforme de la carte régionale ne créent pas un contexte favorable pour procéder à la dématérialisation de la propagande électorale".

Christophe Borgel, le député socialiste responsable des questions électorales au PS a estimé, lui, hier, que le projet pourrait être débattu à nouveau avant les scrutins présidentiels et législatifs de 2017, " bien relayés par les médias nationaux".

En fait, ce n'est pas la première fois que les élus rejettent un tel projet, toujours pour de bonnes raisons. En 2013, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avait tenté de faire adopter la réforme pour les Européennes avant de battre en retraite devant l'hostilité de la majorité.

Patrick Coquidé