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Le taux de chômage au plus haut depuis 10 ans en France

LE CHÔMAGE AU PLUS HAUT DEPUIS 10 ANS

LE CHÔMAGE AU PLUS HAUT DEPUIS 10 ANS - -

PARIS - Le taux de chômage a grimpé à 9,6% en France métropolitaine au quatrième trimestre et atteint la barre symbolique de 10,0% en incluant les...

PARIS (Reuters) - Le taux de chômage a grimpé à 9,6% en France métropolitaine au quatrième trimestre et atteint la barre symbolique de 10,0% en incluant les départements d'outre-mer, soit son niveau le plus élevé depuis dix ans, selon les données CVS provisoires publiées par l'Insee.

Le taux de chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT) augmente ainsi de 0,5 point dans les deux cas, alors qu'il était resté stable au troisième trimestre à 9,1% en métropole et 9,5% globalement.

En métropole comme avec les Dom, le taux de chômage n'avait plus atteint ces niveaux depuis le quatrième trimestre 1999. Il avait reculé jusqu'à 7,2% en métropole (et 7,5% avec les Dom) au premier trimestre 2008 avant de monter en flèche avec la crise.

L'enquête Emploi de l'Insee fait état de 2,727 millions de chômeurs en métropole à la fin 2009, chiffre le plus haut depuis le deuxième trimestre 2003, contre 2,582 millions en juillet-septembre et 2,202 millions à la fin 2008.

Sur un an, le taux de chômage a augmenté de 1,8 point en France métropolitaine, et celui des 15-24 ans s'est accru de 3,4 points pour atteindre 24,0% (contre 23,7% au troisième trimestre) - un chiffre jamais atteint depuis le début de la statistique en 1975.

Dans un communiqué, la ministre de l'Economie Christine Lagarde et son secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, ont dit prendre note de ces chiffres tout en constatant que sur l'ensemble du deuxième semestre de 2009 "la progression trimestrielle du chômage a été en moyenne trois fois plus faible qu'au début de 2009, un rythme cohérent avec la décélération du nombre d'inscrits à Pôle emploi".

Ils ajoutent que le nombre de chômeurs est supérieur en France de 22% à son niveau de mai 2007 "alors qu'il a plus que doublé aux Etats-Unis (+110%) et en Espagne (+146%) et qu'il a progressé de 34% en zone euro".

STABILITÉ DU CHÔMAGE PARTIEL

Stabilisé en décembre, le nombre de demandeurs d'emplois est reparti à la hausse en janvier, selon la statistique mensuelle du ministère de l'Economie et Pôle emploi. Les inscrits en catégorie A, c'est-à-dire n'exerçant aucune activité, étaient au nombre de 2.664.600, soit 19.500 de plus sur un mois ou une hausse de 0,7%.

La France ne publie plus de taux de chômage mensuel depuis 2006, après une polémique sur la méthode de calcul employée par l'Insee. Eurostat, l'agence de statistiques de l'Union européenne, continue en revanche de le faire et a annoncé lundi un taux de 10,1% pour le pays en janvier, après 10% les deux mois précédents.

Orienté à la baisse depuis la mi-2008, le taux d'emploi de la population âgée de 15 à 64 ans a encore reculé à 63,7% au quatrième trimestre contre 63,7% les trois mois précédents, selon l'enquête de l'Insee.

En équivalent temps plein, ce taux est inférieur de plus de quatre points à 59,2% contre 59,5% les trois mois précédents, mais chez les 55-64 ans il a progressé de 0,2 point à 42,0%, une bonne nouvelle pour le gouvernement qui cherche à encourager l'emploi des seniors.

L'Insee note encore que le nombre de personnes en chômage technique ou partiel est resté stable à 144.000 au quatrième trimestre. Les personnes en situation de sous-emploi - c'est-à-dire ayant un emploi à temps partiel et souhaitant travailler plus - s'est ainsi stabilisé à un niveau élevé, à 1,4 million de personnes ou 5,5% de l'emploi.

L'enquête montre enfin que 3,4 millions de personnes en France ne travaillent pas mais souhaitent travailler, qu'elles soient ou non disponibles dans les deux semaines et qu'elles recherchent ou non un emploi - ce que les économistes appellent le "halo" du chômage.

Véronique Tison, édité par Sophie Louet