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Le gouvernement grec passe son grand oral

Le gouvernement d'Alexis Tsipras va présenter son programme de réformes à l'Eurogroupe mardi.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras va présenter son programme de réformes à l'Eurogroupe mardi. - Louisa Gouliamaki - AFP

Athènes va soumettre la liste définitive de ses réformes à l'Eurogroupe ce mardi. Elle devrait comprendre des mesures contre l'évasion fiscale et la corruption, ainsi qu'une restructuration du secteur public.

Le texte tant attendu sera donc sur le bureau des dirigeants européens ce mardi. La Grèce va en effet transmettre aux ministres des Finances de la zone euro sa liste de réformes économiques projetées, document indispensable à la prolongation du programme d'aide financière, a déclaré lundi un haut fonctionnaire gouvernemental.

Le compromis intervenu vendredi sur la prolongation de quatre mois de l'aide financière prévoyait que ce catalogue de réformes soit communiqué lundi soir, mais l'Eurogroupe a donné son accord pour ce report, a indiqué le haut fonctionnaire.

La liste, a-t-il ajouté, comprendra des mesures pour lutter contre la "crise humanitaire" de la Grèce, pour régulariser les arriérés fiscaux et prêts insolvables et pour mettre fin aux saisies de logements. Elle comportera aussi des réformes structurelles visant à lutter contre l'évasion fiscale et la corruption, à restructurer le secteur public et à réduire la bureaucratie. "Nous discutons avec nos partenaires pour faire en sorte que cette liste soit acceptée", avait déclaré un peu auparavant Gabriel Sakellaridis, le porte-parole du gouvernement, qui s'exprimait sur l'antenne de la chaîne de télévision Skai.

Tsipras dans une position délicate

En vertu du compromis passé vendredi et qui écarte à brève échéance un risque de cessation de paiement, la Grèce doit soumettre à l'Eurogroupe une lettre d'engagement contenant la liste des mesures que le gouvernement Tsipras prévoit de prendre durant cette prolongation du plan de sauvetage international.

L'Allemagne, principale contributrice aux deux plans d'aide accordés à la Grèce, a prévenu que toute dépense supplémentaire qui figurerait sur la liste dressée par Athènes devra être compensée par des économies ou par une hausse des impôts.

L'accord conclu par la Grèce place aussi son Premier ministre Alexis Tsipras dans une situation délicate vis-à-vis de son électorat car le chef de file du parti de gauche anti-austérité Syriza avait promis de mettre fin à la coopération avec la "troïka", le trio réunissant Union européenne (UE), Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI), honni d'une bonne part des Grecs.

"Remplacer l'expression 'troïka' par 'institutions', le plan d'aide par 'accord' et les créanciers par 'partenaires' ne change rien à la situation", a écrit sur son blogue Manolis Glezos, député européen de Syriza. "Je présente mes excuses au peuple grec parce que j'ai pris part à cette mascarade", poursuit-il. L'exercice du pouvoir s'avère donc aussi compliqué que prévu pour le jeune dirigeant grec.

Y.D. avec Reuters