BFM Business

Le gouvernement économique de la zone euro refait surface

François Hollande et Angela Merkel sur la même longueur d'onde

François Hollande et Angela Merkel sur la même longueur d'onde - Tobias Schwarz - AFP

Paris et Berlin ont envoyé une lettre au président de la Commission européenne dans laquelle ils plaident pour la mise en place d'une coopération économique renforcée au sein de l'Eurogroupe, rapporte l'Obs ce 26 mai. L'accent serait alors davantage mis sur la croissance.

C'est un serpent de mer qui vient se rappeler au bon souvenir de la Commission européenne. Depuis des années, la France réclame l'établissement d'un "gouvernement économique" de la zone euro.

Dès 2008 Nicolas Sarkozy l'appelait de ses vœux, de sorte à donner un "interlocuteur" à la Banque centrale européenne. En 2013, François Hollande a repris l'idée à son compte, en affirmant vouloir "un gouvernement économique qui se réunirait tous les trois mois autour d'un président".

Jusqu'à présent, ce vœu est resté lettre morte. Mais un pas décisif semble avoir été accompli par Berlin et Paris. Le couple franco-allemand aurait ainsi envoyé un document de quelques pages au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans lequel il fait part de sa volonté de mettre en place ce gouvernement tant souhaité par Paris, rapporte l'Obs de ce 26 mai.

Le cap mis sur la croissance

Cette initiative tendrait à tirer les leçons de la crise qu'a connue la zone euro ces dernières années.

Le but affiché par le document du couple franco-allemand: "un meilleur dosage des politiques économiques pour le renforcement de la croissance, de la compétitivité, de l'emploi et des finances publiques de la zone euro".

Un objectif qui montre la volonté de replacer le curseur sur la croissance au détriment de la discipline budgétaire. Soit "un vrai tournant" pour l'Allemagne, souligne l'Obs. L'hebdomadaire cite un expert sous couvert d'anonymat qui affirme que les Allemands ont eu besoin "d'une lente maturation pour en arriver là".

"Surtout il a fallu que Berlin ait des preuves du sérieux de la France en matière de redressement de ses comptes publics et de la compétitivité de son économie", poursuit-il. On peut ainsi se demander si le satisfecit accordé par Bruxelles à l'Hexagone sur les déficits il y a deux semaines ainsi que le chiffre de 0,6% de croissance au premier trimestre n'ont pas fini de convaincre Berlin.

Un ministre des Finances de la zone euro

Au-delà des déclarations d'intention, le document envoyé par Paris et Berlin propose des sommets européens plus réguliers ainsi que de renforcer "la capacité d’action de l’Eurogroupe, y compris en explorant la possibilité d’un renforcement de son président et des moyens dont il dispose". Selon l'Obs, cette initiative pourrait à terme déboucher sur la création d'un véritable poste de ministre des Finances de la zone euro.

En outre, Paris et Berlin souhaitent "favoriser la convergence réelle des économies de la zone euro", en renforçant le marché intérieur, harmonisant l'assiette fiscale de l'IS (impôt sur les sociétés), développant la lutte contre l'évasion fiscale et en instaurant un socle social commun.

J.M.