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Le gouvernement de coalition britannique dévoile son programme

Le nouveau Premier ministre britannique David Cameron (à droite) et son vice-Premier ministre Nick Clegg, lors de leur première conférence de presse commune. Conservateurs et libéraux démocrates ont présenté l'équipe et les principaux objectifs du premier

Le nouveau Premier ministre britannique David Cameron (à droite) et son vice-Premier ministre Nick Clegg, lors de leur première conférence de presse commune. Conservateurs et libéraux démocrates ont présenté l'équipe et les principaux objectifs du premier - -

par Estelle Shirbon LONDRES - Conservateurs et libéraux démocrates ont présenté mercredi l'équipe et les principaux objectifs du premier...

par Estelle Shirbon

LONDRES (Reuters) - Conservateurs et libéraux démocrates ont présenté mercredi l'équipe et les principaux objectifs du premier gouvernement de coalition en Grande-Bretagne depuis 1945, dont la tâche essentielle sera de résorber un déficit public record.

Le chef de file du Parti conservateur, David Cameron, a pris la tête d'un gouvernement au sein duquel devront collaborer deux formations généralement opposées sur le plan idéologique, après treize ans de pouvoir travailliste.

L'accord, scellé cinq jours après les élections législatives remportées par les conservateurs mais sans les doter d'une majorité parlementaire absolue, réserve cinq portefeuilles aux "Lib Dems", dont celui de vice-Premier ministre pour leur numéro un, Nick Clegg.

La coalition hérite d'un déficit budgétaire record de plus de 11% du produit intérieur brut, dont la résorption est au coeur de son programme. Le poste stratégique de chancelier de l'Echiquier a été le premier pourvu mardi soir, confié à un ami et allié proche de David Cameron, George Osborne, 38 ans.

"Il va y avoir une accélération conséquente de la réduction du déficit budgétaire", a déclaré ce dernier à la presse.

Les marchés financiers ont salué l'accord conclu entre les deux camps, faisant porter leurs espoirs sur ce gouvernement de centre droit susceptible à leurs yeux de prendre rapidement des mesures pour réduire les dettes du pays.

La coalition a ainsi adopté le plan des Tories qui prévoit de réduire cette année les dépenses publiques de six milliards de livres. Les "Lib Dems" plaidaient pour une réduction plus tardive.

"Aucun gouvernement des temps modernes ne s'est jamais trouvé face à un héritage économique aussi désastreux", a déclaré David Cameron lors d'une conférence de presse conjointe avec Nick Clegg. "Nous savons qu'il y aura des décisions difficiles à prendre", a-t-il ajouté.

Nick Clegg a dit pour sa part que le gouvernement serait "réformateur et radical" et "source de stabilité".

"DIFFÉRENCES TROP IMPORTANTES"

La coalition n'est toutefois pas parvenue à convaincre les sceptiques qui doutent de sa capacité à réformer l'économie.

"Je ne pense pas que ça va durer", estime David Lea, analyste à Control Risks. "Les différences entre les parties sont vraiment trop grandes".

Après de longues tractations, conservateurs et libéraux démocrates ont mis au point un programme fait de concessions.

Les Tories ont accepté de renoncer au relèvement du seuil des droits de succession à un million de livres, les libéraux démocrates estimant que cette mesure ne profiterait qu'aux plus riches. Autre concession de taille accordée par le camp tory, la mise en place d'une réforme électorale via un référendum sur un système à la proportionnelle, auquel les Tories ont toujours été farouchement opposés.

De leur côté, les "Lib Dems" ont accepté de renoncer à leurs exigences concernant l'Union européenne. Le nouveau gouvernement ne rejoindra pas la zone euro. Nick Clegg, européen convaincu, a estimé que ce n'était pas le moment. En matière d'immigration, il a accepté une limitation annuelle d'immigrés issus des pays hors Union européenne.

Les deux camps se sont toutefois mis d'accord sans trop de difficultés sur la mise en place de taxations sur les banques pour s'attaquer aux problèmes des bonus. La coalition est également tombée d'accord sur un mandat du parlement britannique fixé à cinq ans. La prochaine élection aura lieu lors des élections générales du premier jeudi de mai 2015.

Avec la rédaction de Londres, Grégory Blachier et Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser