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Le "dircab" de Montebourg à la tête d'Arianespace

La direction d'Arianespace va être confiée à l'actuel directeur de cabinet d'Arnaud Montebourg, selon Libération.

La direction d'Arianespace va être confiée à l'actuel directeur de cabinet d'Arnaud Montebourg, selon Libération. - -

Stéphane Israël, le directeur de cabinet d'Arnaud Montebourg, vient d'être propulsé à la tête de l'entreprise européenne, ce jeudi 18 avril. Ce haut fonctionnaire a une bonne connaissance des problématiques des entreprises.

Normalien, agrégé d’histoire, énarque, ex-conseiller à la Cour des comptes... A première vue, Stéphane Israël, 42 ans, a le profil parfait pour exercer dans la haute fonction publique. Un peu moins pour remplacer Jean-Yves Le Gall, l’actuel PDG d’Arianespace, ingénieur de formation et nommé à la présidence du Cnes (l’agence spatiale française), le 3 avril dernier.

C’est pourtant bien l’actuel directeur de cabinet d’Arnaud Montebourg au ministère du Redressement productif depuis le printemps qui vient d'être propulsé à la tête de cette société stratégique, ce jeudi 18 avril. Depuis sa création en 1980, Arianespace a réalisé plus de 160 lancements spatiaux. La société est notamment chargée des opérations commerciales de services de lancement d’Ariane.

La transition vers Ariane 6 sera un défi majeur pour l’entreprise lors des prochaines années. Dans un contexte de crise économique, et alors que la Cour des comptes a récemment épinglé le coût excessif de la politique spatiale française, les négociations futures s’annoncent âpres. Entre la France et les autres Etats, bien sûr, mais aussi avec les industriels et l’Agence spatiale européenne.

Des soutiens de poids

Stéphane Israël possède-t-il les qualités nécessaires pour remplir de telles fonctions ? Son expérience des négociations au plus haut niveau de l’Etat est incontestablement un plus, et les négociations que mène Arianespace sont bien plus politiques que l’on pourrait le croire.

Reste le côté technique, qui suscite le doute parmi les professionnels de la filière. Les quatre ans passés par Israël à Astrium, filiale d’EADS et première entreprise spatiale européenne, ne suffisent apparemment pas. Car son bilan y est mitigé : il n’a pas remporté autant d’appels d’offres qu’espéré.

Mais au final, ce protégé de Laurent Fabius peut compter sur des soutiens de poids. Arnaud Montebourg, bien sûr, même si l’épisode Florange –Israël était chargé de représenter le ministre lors des négociations à Matignon- aurait refroidi la relation entre les deux hommes.

Autre soutien important, celui de Louis Gallois qu’il a conseillé en 2007 lorsqu'il était encore patron d’EADS. Ce dernier s'est d'ailleurs largement inspiré du rapport d'Israël sur la compétitivité, écrit à l'époque pour le think tank Terra Nova, pour accoucher du fameux rapport dont le gouvernement s'est inspiré pour son pacte de compétitivité. Enfin, les dirigeants d'EADS, justement, auraient également appuyé sa nomination, suivant l’avis de l’exécutif.

Yann Duvert