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La promesse de Renzi aux retraités italiens

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- - Tiziana Fabi - AFP

Le chef du gouvernement italien doit faire face à une décision de justice obligeant l'Etat à trouver une solution pour financer près de 5 milliards d'euros qu'il doit à des retraites lésés.

Matteo Renzi tente de trouver une solution. Le président du Conseil italien, confronté à une "bombe budgétaire" provoquée par l'annulation en justice d'une disposition de la réforme des retraites, a promis dimanche de débloquer 2 milliards d'euros, soit 500 euros à 4 millions de retraités.

Le 30 avril dernier, la Cour constitutionnelle italienne avait invalidé une disposition de la réforme des retraites de 2011, obligeant le gouvernement à chercher une un moyen de financer les près de cinq milliards d'euros qu'il doit aux retraités lésés.

Lors d'une émission dimanche après-midi sur la chaîne de télévision Rai Uno, Matteo Renzi, anticipant des décisions qui devaient être annoncées en conseil des ministres lundi, a promis qu"'aucun retraité ne perdrait un centime".

"Nous écrirons une nouvelle disposition" qui permettra de "restituer à quatre millions d'Italiens, au 1er août, plus ou moins 500 euros par personne", a expliqué le président du conseil, au pouvoir depuis février 2014. Il n'est pas question, a-t-il précisé, d'un "remboursement total" car sinon, ce serait "tailler dans l'éducation, les allocations sociales et les routes".

Une "cagnotte mise à contribution"

Mais "deux milliards que je gardais pour des mesures contre la pauvreté" seront débloqués, a-t-il promis, faisant allusion à une "cagnotte" de 1,6 milliard d'euros dégagée en avril en maintenant le déficit public de l'Italie à 2,6% du Produit intérieur brut (PIB) cette année, alors que l'évolution de la conjoncture pouvait le ramener à 2,5%.

En décembre 2011, alors que la méfiance des marchés avait propulsé les taux d'emprunt de l'Italie à des niveaux insoutenables, le gouvernement de Mario Monti avait imposé une cure d'austérité draconienne.

Une réforme des retraites prévoyait alors d'augmenter le nombre d'années de cotisation, de calculer les pensions en prenant en compte l'ensemble de la carrière et non uniquement les derniers salaires perçus, et de désindexer de l'inflation les pensions supérieures à 1.400 euros par mois.

Devant la Cour constitutionnelle en avril, le représentant du gouvernement avait évalué à cinq milliards d'euros les économies réalisées dans les finances publiques du fait de cette désindexation pour les années 2012 et 2013, avant que le gouvernement d'Enrico Letta ne réintroduise une indexation partielle en 2014.

Après la décision de la cour, près de six millions de retraités italiens sont théoriquement désormais en droit de réclamer à l'Etat le moins-perçu, qui s'élèverait en moyenne à 250 euros par an.

J.M. avec AFP