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La France s’agrandit: quel impact sur l’économie?

La France a repoussé les limites de son plateau continental, notamment en Guadeloupe.

La France a repoussé les limites de son plateau continental, notamment en Guadeloupe. - Marcel Mochet - AFP

Un décret paru au Journal Officiel a officialisé l’extension du domaine maritime français de 500.000 km², soit presque la superficie de la métropole. Mais les retombées économiques restent incertaines.

En étendant son domaine maritime, la France vient, dans l’indifférence quasi générale, de s’agrandir de 500.000 km². Le tout grâce à une demande faite auprès de l’ONU en…2007. Ce sont ainsi les limites extérieures du plateau continental au large de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Nouvelle-Calédonie et des îles Kerguelen qui se sont vues repoussées de plusieurs dizaines de kilomètres.

Un pays a en effet le droit de demander l’extension de sa zone économique exclusive, fixée à 200 milles marins (370 km). Pour cela, celui-ci doit, sur la base d’études géologiques, prouver que son territoire terrestre qui s’étend sous les eaux dépasse la limite établie. Plusieurs autres demandes françaises sont d’ailleurs en cours de traitement, dans le cadre du projet baptisé Extraplac, mené notamment par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

La France a déposé d'autres demandes auprès de l'ONU.
La France a déposé d'autres demandes auprès de l'ONU. © Ifremer / Géosciences Marines / Extraplac

Le secteur maritime générerait 70 milliards d'euros par an

Pour l’instant, le flou règne quelque peu autour des retombées économiques de cette extension. Mais il est sûr qu’elle fournira un nouveau terrain de jeu à un secteur maritime qui pèse actuellement près de 70 milliards d’euros, selon le Cluster maritime français. Une industrie qui serait "supérieure en valeur de production à l’aéronautique (47,9 milliards en 2013) ou encore au secteur des télécommunications (35,1 milliards)", indique l’organisation qui regroupe l’ensemble des acteurs de la filière (pêche, parapétrolier offshore, chantiers navals, etc).

Pour autant, "il n’y a pas d’évaluation" sur les effets réels de cet agrandissement, souligne Benoît Loubrieu, chercheur à l’Ifremer. D’autant que la nouvelle surface disponible "ne concerne que le sol et le sous-sol, ce qui exclut donc certaines activités comme la pêche".

Des effets "plutôt positifs" selon le Quai d'Orsay

La décision d’engager des projets d’ampleur dépendra ainsi de ce qui se cache au fond des océans. C’est donc assez logiquement que le ministère des Affaires étrangères se montre prudent, indiquant que "plusieurs mois", ainsi qu’une collaboration interministérielle seraient nécessaires pour obtenir une estimation des bienfaits de cette extension. "On pourrait même parler d'années ou de décennies si la France décidait de lancer un programme complet pour l'acquisition de données et la connaissance de la totalité de son domaine maritime", abonde Benoît Loubrieu. "La realité est que l'on connait tres peu les fonds marins en géneral, et le plateau au dela 200 milles encore moins".

"Mais si l’on regarde les résultats des autres pays ayant procédé de la sorte, ils sont plutôt positifs", indique le Quai d’Orsay, "à condition que les ressources soient avérées".