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La droite revient au pouvoir en Hongrie, l'extrême droite perce

Les conservateurs du Fidesz, le parti dirigé par Viktor Orban, ont promis lundi des réformes en profondeur en Hongrie après leur large victoire au premier tour des élections législatives, marquées en outre par une forte poussée de l'extrême droite. /Photo

Les conservateurs du Fidesz, le parti dirigé par Viktor Orban, ont promis lundi des réformes en profondeur en Hongrie après leur large victoire au premier tour des élections législatives, marquées en outre par une forte poussée de l'extrême droite. /Photo - -

par Marton Dunai et Gergely Szakacs BUDAPEST - Les conservateurs du Fidesz ont promis lundi des réformes en profondeur en Hongrie après leur large...

par Marton Dunai et Gergely Szakacs

BUDAPEST (Reuters) - Les conservateurs du Fidesz ont promis lundi des réformes en profondeur en Hongrie après leur large victoire au premier tour des élections législatives, marquées en outre par une forte poussée de l'extrême droite.

Avec près de 53% des suffrages exprimés, le parti dirigé par Viktor Orban est d'ores et déjà assuré de disposer de 206 des 386 sièges du Parlement. Le second tour, le 25 avril, pourrait lui permettre de dépasser la majorité qualifiée des deux tiers, seuil nécessaire pour faire adopter des réformes de structure, voire modifier la Constitution.

Le Fidesz, qui a déjà gouverné la Hongrie de 1998 à 2002, a promis de créer un million d'emplois sur dix ans, de favoriser le crédit et d'aider les PME tout en réduisant la fiscalité, qu'il considère comme un frein à la compétitivité de l'économie nationale, et en s'attaquant au déficit budgétaire.

La Hongrie, qui a frôlé la banqueroute au plus fort de la crise, a vu son PIB se contracter de 6,3% en 2009 tandis que le chômage atteignait 11,4% de la population active, un niveau sans précédent depuis 1994.

Le gouvernement socialiste sortant tablait sur un déficit budgétaire de 3,8% cette année. Cette prévision, conforme aux conditions de l'accord de sauvetage négocié en 2008 avec le Fonds monétaire international et l'Union européenne, pourrait se révéler bien en deçà de la réalité, à en croire Gyorgy Matolcsy, principal économiste du Fidesz.

Lundi, les marchés financiers ont bien réagi à la victoire électorale de la droite conservatrice. En milieu de matinée, la devise nationale, le forint, gagnait 0,6% face à l'euro et le principal indice de la Bourse de Budapest progressait à la mi-journée de 0,74% par rapport à la clôture de vendredi soir.

PERCÉE DE L'EXTRÊME DROITE

Pour l'agence de notation Moody's, qui maintient pour l'heure ses prévisions négatives pour la Hongrie, la nouvelle majorité va devoir poursuivre la politique de consolidation budgétaire amorcée par les réductions de dépenses du gouvernement socialiste.

"La clef résidera dans la façon dont le gouvernement Fidesz va s'attaquer aux questions budgétaires, et le Fidesz doit encore détailler des points (de son programme)", note Dietmar Hornung, analyste de Moody's, dans une interview accordée à Reuters.

Pour mettre en oeuvre son programme, Viktor Orban disposera d'une solide majorité au Parlement, mais il lui faudra aussi composer avec la poussée spectaculaire du Jobbik.

Au premier tour, la formation d'extrême droite a talonné les socialistes du MSZP, attirant un électeur sur six et décrochant 26 sièges quand le parti au pouvoir en remportait 28.

"La solide performance du Jobbik et les faibles résultats des partis libéraux traditionnels pourraient inquiéter les investisseurs, mais ils devraient être soulagés par le fait que les conservateurs du Fidesz ont remporté une majorité absolue", analyse la Deutsche Bank.

Officiellement fondé en 2003, menant campagne contre la criminalité imputée à la minorité tsigane, le Jobbik ("Pour une meilleure Hongrie") a prévenu qu'il ne serait pas "invisible" au Parlement.

Gabor Vona, son président, a annoncé sur la chaîne de télévision M1 que le parti "mèner(ait) des politiques très marquées et très spectaculaires". Le Jobbik, a-t-il ajouté, va s'atteler à trouver "une solution aux problèmes liés à la cohabitation entre les tsiganes et les Hongrois".

"Cela signifie éradiquer la criminalité tsigane."

Avec Krisztina Than et Sandor Peto, Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser