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La corruption coûterait 120 milliards d'euros aux pays européens

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La Commission européenne pointe le manque de lutte contre la corruption dans les pays de l'Union, dans un rapport publié ce lundi 3 février. Elle souligne aussi les écarts considérables dans ce domaine entre états.

120 milliards d'euros par an. C'est ce que coûterait la corruption par an à l'économie européenne, selon le tout premier rapport de la Commission de Bruxelles publié ce lundi 3 février.

"Malgré les initiatives juridiques et politiques que les États membres ont prises jusqu’à présent, les résultats des efforts déployés en matière de lutte contre la corruption à travers l’UE restent globalement assez peu satisfaisants", déplore la Commission européenne.

"La corruption sape la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques et l’état de droit, elle nuit à l'économie européenne et prive les pouvoirs publics des recettes fiscales dont ils ont cruellement besoin", constate Cécilia Malmström, la commissaire européenne aux affaires intérieures.

L'intégrité de la vie politique pose problème

Ce rapport pointe notamment les écarts considérables entre les Etats membres en matière de prévention de la corruption. "Dans certains, l'efficacité de la prévention a contribué à construire une solide réputation de pays très peu corrompus; dans d'autres, les politiques de prévention ont été mises en œuvre de façon inégale, avec des résultats médiocres". Les contrôles internes et les mécanismes de sanctions y sont insuffisants.

Par ailleurs, l'intégrité de la vie politique demeure un problème dans de nombreux États membres. "Par exemple, il n'est pas courant que des partis politiques ou des assemblées élues se dotent de codes de conduite, au niveau central ou local, et ceux qui existent manquent souvent d'effets réels", peut-on lire dans le rapport.

De plus, certains secteurs sont plus à risques que d'autres, note la Commission. " La promotion et la construction immobilières en zone urbaine, ainsi que les soins de santé, sont des secteurs exposés à la corruption dans un certain nombre d’États membres. La surveillance des entreprises publiques est déficitaire, ce qui accroît leur vulnérabilité face à la corruption".

La France peut mieux faire

Pour la France, la Commission européenne note dans son rapport, que "Paris a légiféré sur de nombreuses questions, mais n'a pas élaboré de stratégie nationale pour lutter contre ce phénomène". Pour 68% des personnes interrogées par Eurobaromètre, la corruption est en tout cas "très répandue" en France.

Ainsi, en juillet 2012, à suite d'allégations de corruption au cours de l'élection présidentielle, la commission Jospin a préconisé une série de mesures dont la limitation de l'immunité présidentielle ou le durcissement des règles sur le financement des partis.

S'appuyant sur ces recommandations, certaines propositions législatives ont été présentées en 2013. Mais les discussions ont été suspendues mi-2013.

Diane Lacaze