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La BCE va-t-elle intervenir pour préserver la zone euro?

La Banque centrale européenne pourrait également agir pour améliorer les conditions de financement des entreprises

La Banque centrale européenne pourrait également agir pour améliorer les conditions de financement des entreprises - -

La Banque centrale européenne a maintenu inchangé, ce jeudi 4 avril, son taux directeur. La résurgence des risques dans la zone euro va mettre, une nouvelle fois, sous les feux de la rampe son président, Mario Draghi, qui s'exprime à 14h30, et pourrait annoncer des mesures de soutien à l'économie.

Une nouvelle fois, les marchés auront les yeux rivés vers Francfort, ce jeudi 4 avril. La Banque centrale européenne (BCE) tient, en effet, sa réunion mensuelle de politique monétaire. Les déclarations de son président, Mario Draghi, seront scrutées avec attention à l'heure où la zone euro traverse une nouvelle zone de turbulences. Et où l'économie peine à retrouver un second souffle.

Dans ce contexte, la BCE a toute de même décidé, ce jeudi, de maintenir inchangé son principal taux directeur, qui stagne à 0,75% depuis juillet dernier. Mais pour Clemente De Lucia, économiste chez BNP Paribas, les récents indicateurs montrent qu'une "baisse des taux est envisageable", lors des prochaines réunions.

Vers un soutien aux entreprises?

Mardi, le chômage dans l'union monétaire a ainsi franchi pour la première fois la barre des 12%. De plus, le crédit peine à redémarrer: le 28 mars dernier la BCE, a publié des chiffres montrant que les crédits au secteur privé ont reculé de 0,9% sur un an.

L'institution européenne est très sensible à ce dernier indicateur. Une baisse des taux directeurs permettrait aux banques de s'approvisionner à moindre coût en liquidités et pourrait favoriser le retour du crédit. La BCE dispose d'une petite marge de manœuvre, l'inflation en zone euro étant en reflux à 1,7%, contre un objectif de 2%.

Par ailleurs, le recul de ces crédits au secteur privé renforce une autre hypothèse: que la BCE décide de prendre des mesures pour faciliter le financement des entreprises, a fortiori des PME. Dans une note de janvier dernier, Patrick Artus, chef économiste chez Natixis, évoquait ainsi la possibilité pour la banque centrale de racheter de la dette des entreprises sur les marchés afin de réduire leurs coûts de financement.

La crise chypriote en toile de fond

Clemente De Lucia explique toutefois que la BCE pourrait attendre de voir "l'impact des crises à Chypre et en Italie" pour aller plus loin. A ce sujet, les propos de Mario Draghi sur ces deux épisodes douloureux sont particulièrement attendus, ce jeudi. En mars, lors de la dernière réunion de la BCE, son président s'était voulu confiant: les élections italiennes n'ont pas eu d'impact important sur les marchés.

Mais, entre-temps, la crise chypriote a démontré un peu plus la fragilité de l'union monétaire. La BCE, elle-même, avait joué un rôle en fixant un ultimatum au pays: elle menaçait de couper l'accès aux liquidités d'urgence pour les banques de l'île.

Mario Draghi devrait se prononcer sur les conséquences de ces crises pour la reprise. Il s'efforcera probablement de rassurer, alors que les observateurs guettent désormais un autre pays susceptible de s'enfoncer dans la crise: la Slovénie.

>> BFM Business diffusera une émission spéciale autour de la réunion de la BCE ce jeudi 4 avril à partir de 14 heures.

Julien Marion