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La BCE va progressivement mettre fin à son programme de soutien à l'économie

La Banque centrale européenne compte mettre fin à son programme de rachats de dettes d'ici la fin de l'année. Ses taux directeurs resteront à leur niveau, historiquement bas, au moins jusqu'à l'été 2019.

C'est un tournant pour le Vieux continent. La Banque centrale européenne (BCE) compte mettre fin progressivement à son programme de rachats de dettes (dit d'assouplissement quantitatif ou quantitative easing).

Depuis près de trois ans et demi, l'institut implanté à Francfort rachète chaque mois plusieurs dizaines de milliards d'euros d'obligations -des emprunts contractés sur les marchés financiers- pour soutenir l'économie de la zone euro. En janvier, le montant des rachats était déjà passé de 60 à 30 milliards d'euros par mois. À partir du mois d'octobre et jusqu'à décembre, ils ne seront plus que de 15 milliards d'euros. Le programme devrait être arrêté à la fin de l'année, "sous réserve de la confirmation" des projections économiques de la BCE. 

Francfort a acheté au total 2400 milliards d'euros d'actifs via ce programme, faisant passer son bilan (l'ensemble des actifs détenus, dont les obligations) à 4577 milliards d'euros fin mai. Son niveau ne chutera pas brutalement, car Francfort va continuer de réinvestir "aussi longtemps que nécessaire" les obligations arrivées à maturité. En clair, une fois que les emprunts sont arrivés à terme et remboursés à la BCE, celle-ci utilisera ces gains pour racheter de nouvelles obligations.

Les taux resteront au plus bas au moins jusqu'à l'été 2019

Francfort influence le canal du crédit délivré par les banques en modulant ses taux d'intérêts directeurs. Pour stimuler l'activité, la BCE avait décidé de les abaisser au maximum. La dernière baisse était intervenue en mars 2016. Ces taux sont aujourd'hui à des plus bas historiques.

À présent que la date de fin du programme de rachats d'actifs est acté, l'institut s'est prononcé sur l'avenir de ces taux. Ces derniers devraient rester à leur niveau actuel "au moins jusqu'à l'été 2019 et dans tous les cas, aussi longtemps que nécessaire pour assurer une évolution de l'inflation alignée avec nos prévisions", indique le communiqué. La BCE se garde donc une marge de manœuvre au cas où la situation économique se dégraderait en zone euro d'ici là. Pour mémoire, la BCE a pour mission la stabilité des prix, ce qui correspond à une inflation inférieure mais proche de 2%.

Juste après l'annonce de l'institution, l'euro, après s'être apprécié face au billet vert ce jeudi matin, est redescendu à 1,175 dollar. Le CAC 40 est passé à +0,54% à 5482 points, contre -0,2% avant la publication du communiqué.

J.-C.C.