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L'exécutif en rangs serrés pour défendre la nouvelle taxe carbone

Pierre Moscovici défend la nouvelle taxe carbone face aux critiques.

Pierre Moscovici défend la nouvelle taxe carbone face aux critiques. - -

Pierre Moscovici a tenté d'éteindre la polémique sur la "contribution climat-énergie" ce 23 août, qui n'a pas pour but de "frapper les Français" mais de "modifier les comportements". Bernard Cazeneuve assure que cette taxe "n'est pas une fiscalité de plus".

Depuis La Rochelle, où se tient l'université d'été du Parti socialiste, la "contribution climat énergie" annoncée par le ministre de l'Ecologie fait réagir les éléphants du parti.

En premier lieu, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, qui assure que ce nouveau prélèvement, dont les contours ne sont pas encore connus, n'est pas destiné à "frapper les Français", mais à "modifier les comportements".

"Il ne s'agit pas d'une nouvelle taxe, mais l'idée [est] de verdir les taxes existantes pour modifier les comportements, avec une montée en puissance qui devra être définie dans le temps", a commenté Pierre Moscovici. Il reprenait ainsi les mots de Bruno Le Roux, le patron des députés socialistes, et ceux de la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem prononcés un peu plus tôt ce vendredi 23 août. 

Des déclarations qui visent à rassurer les contribuables qui pourraient voir cette "taxe carbone remixée" comme un nouvel impôt, alors même que le gouvernement s'est engagé à ne pas augmenter les prélèvements obligatoires.

Bernard Cazeneuve lui a emboîté le pas. Dans un entretien à l'AFP, le ministre délégué au Budget a affirmé que la contribution climat énergie "n'est pas une fiscalité de plus" qui viendrait "rajouter de la pression fiscale". "Il s'agit de faire évoluer la fiscalité existante de manière à susciter des comportements vertueux", ajoute-t-il, reprenant peu ou prou le discours de son ministre du tutelle.

Même le ministre de l'Ecologie s'est vu obligé, si ce n'est de rectifier le tir, au moins de préciser ses propos. "S'il s'agissait d'une taxe nouvelle je serais contre, comme j'étais contre la taxe carbone", a-t-il ainsi expliqué dès son arrivée à La Rochelle. "Nous sommes en train de travailler à un dispositif qui n'aura aucune incidence en terme de pression fiscale en 2014 pour les Français". 

De multiples tentatives pour éteindre la polémique, alors que les réactions négatives se multiplient, même dans le camp socialiste. Ainsi Ségolène Royal, présidente PS de Poitou-Charentes, a estimé vendredi que ce n'était "pas le moment de mettre un impôt supplémentaire", jugeant que l'écologie ne devait "pas être une punition".

Pour sa part, le Medef a dénoncé un "mauvais coup porté aux entreprises, à la croissance et à l'emploi". L'organisation patronale s'est émue de ce qu'elle considère comme une "marche forcée vers de nouveaux prélèvements", une mesure "irresponsable".

Rappelons que Philippe Martin avait annoncé jeudi 22 août que la création de cette contribution avait été "actée" par le Premier ministre. Mais il n'a donné pas donné davantage de détails, assurant que le montant et le rythme de cette contribution feraient l'objet d'un débat. Pierre Moscovici a précisé que ces modalités seraient inscrites dans la budget 2014.

Nina Godart et avec agences