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L'Europe inquiète de la politique monétaire du Japon

Les investisseurs anticipent un rebond des exportations des entreprises japonaises grâce à cette politique souple

Les investisseurs anticipent un rebond des exportations des entreprises japonaises grâce à cette politique souple - -

Le pays du Soleil-Levant est accusé de mener une politique monétaire destinée à faire baisser le yen. Industriels et dirigeants européens craignent les répercussions sur la compétitivité de leurs entreprises.

La guerre des monnaies est-elle officiellement relancée ? En tous cas, la politique monétaire du Japon inquiète les Européens, car la baisse du yen va faire gagner de la compétitivité aux entreprises japonaises. D'autant qu'en parallèlle, l'euro ne cesse de grimper, se situant actuellement à 1,35 dollars.

Ce mercredi 30 janvier, Arnaud Montebourg a, ainsi manifesté ses inquiétudes : "L'euro est trop haut par rapport à ce que l'économie européenne, pas seulement française, est en droit d'attendre", a-t-il déclaré, en marge d’une conférence de presse. Le ministre du Redressement productif a rappelé "qu’une hausse de dix centimes d’euro c’est un milliard de chiffre d’affaires en moins pour EADS", le groupe européen d’aéronautique.

Les premiers à dégainer avaient été les patrons allemands. Car, pour eux, la problématique est très concrète. De la machine-outil aux composants technologiques, tout ce qu'ils fabriquent est en concurrence directe avec les Japonais, leurs premiers concurrents à l'export. Ces derniers vont forcément gagner en compétitivité grâce à leur monnaie, largement dépréciée face à l’euro.

Angela Merkel préoccupée par la politique monétaire nippone

La semaine dernière, à Davos, Angela Merkel s'était déjà fait le relais de leurs inquiétudes. La chancelière s'est dite préoccupée par la politique monétaire japonaise. Car cette dévaluation du yen pourrait contraindre d'autres pays à faire la même chose. Mais pas l'Europe, puisque la Banque centrale européenne reste farouchement attachée à son orthodoxie monétaire.

Or, un euro fort pénalise les exportations. Cette situation est tout à l'avantage des Japonais. D'ailleurs la bourse de Tokyo ne s'y trompe pas: les investisseurs ont propulsé le Nikkei au-delà des 11 000 points. Les cours des entreprises industrielles sont en tête du palmarès, car la Bourse anticipe un regain d'activité de ces firmes à l'étranger.

Sidonie Watrigant et BFMbusiness.com