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L'attractivité résiste aux gilets jaunes

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La crise des gilets jaunes n'a pas abîmé l'attractivité de la France, bien au contraire, business France constate des chiffres d'investissements internationaux très dynamiques

L'investissement étranger en France a atteint son plus haut niveau en 2018, et la dynamique n'est pas enrayée depuis le début de l'année puisqu'il y a même une hausse de 20% sur les trois premiers mois. Voilà le verdict du dernier baromêtre de Business France, l'organisme chargé de vendre la France à l'international. Une dynamique entamée avant l'élection d'Emmanuel Macron, par les mesures du pacte de compétitivité de François Hollande, mais que les deux dernières années ont renforcé.

Effet Brexit

L'effet Brexit est lui aussi visible. Même si la grande migration des emplois financiers n'a pas eu lieu, Business France constate une hausse de 33% des investissements britanniques en France, les américains et les allemands restant de loin les premiers investisseurs internationaux : « on avait eu une année exceptionnelle en 2017 avec l'effet de l'élection du président de la république » qui avait dégelé des projets dans les cartons et créé un nouvel élan, explique Christophe Lecourtier, le directeur général de Business France, mais en 2018 « le climat international n'était pas tellement porteur », avec le ralentissement en Allemagne, les tensions commerciales sino-américaines ou l'arrivée d'un gouvernement populiste Italie.

Dans le détail les Etats-Unis sont restés pour la deuxième année consécutive le premier investisseur avec 232 projets qui ont permis la création ou le maintien de 6.274 emplois, alors que plus de 4.500 sociétés contrôlées par un investisseur américain emploient au total 450.000 personnes en France. En deuxième position arrive l'Allemagne avec 180 projets recensés l'an dernier pour 3.618 emplois, sur un stock total de 4.600 entreprises employant plus de 310.000 salariés.

La Chine en recul

Les investissements chinois sont pour leur part « orientés à la baisse pour la deuxième année consécutive » suite aux contrôles sur les sorties de capitaux mis en place par Pékin, constate encore Christophe Lecourtier.

En revanche le compte n'y est pas en termes d'emplois, les emplois créés ou maintenus par ces investissements sont en baisse, particulièrement dans l'industrie, le nombre d'emplois créés ou maintenus par les investissements étrangers en France a reculé de 10% entre 2017 à 2018 pour tomber à 30.302, soit légèrement plus que la moyenne depuis 10 ans, ce qui est le signe, pour Bercy, d'une incitation à poursuivre les réformes. Enfin, ces investissements « sont moins concentrés qu'il y a quatre ans en Ile-de-France », relève Business France qui ajoute les grandes métropoles comme Bordeaux, Toulouse, Lyon et à moindre degré Nantes, Strasbourg et Lille sont les premières bénéficiaires d'un mouvement de déconcentration qui tarde encore à gagner les villes moyennes